Arméria Renaissance


 
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 [Hentai] Enterrer la hache de guerre

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Alice Eden

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MessageSujet: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 31 Juil - 20:04

Alice déverrouilla la porte de son appartement et la poussa du pied, d’un pas lourd elle avança avant de refermer la porte du talon. Devant le canapé elle déposa son chargement, un homme inconscient. Dans un soupir elle se demanda comment elle en était arrivée là. Ah oui, le plan.

Le rapide affrontement entre l’ange et le vampire… Le plan voulait qu’il la morde, elle savait bien avant de le voir qu’elle passerait un sale quart d’heure. Aussi lorsqu’elle s’était retrouvée face contre terre elle ne fut pas vraiment surprise. Laissant échapper un cri de rage et de douleur quand il s’en prit à ses ailes, c’était bas, mais de bonne guerre vu ce qui attendait le buveur de sang. Comme à son habitude il s’amusa entre cruauté et sensualité. Lorsqu’il enfonça ses crocs dans sa chair il crut la partie gagnée mais un sourire étira brièvement les lèvres de l’ange, la victoire était sienne.

Ce fut avec peine que la chasseuse se redressa, les ailes meurtries et anémiée. Lentement elle s’avança vers le vampire qui perdait connaissance, non sans avoir récupéré son katana.

- J’ai gagné Vlad…

Le poison était plus efficace que prévu et il perdit connaissance dans de lamentables gémissements de douleur… Jamais elle ne l’avait vu ainsi diminué. Etrangement un sourire étira brièvement les traits de l’ange pour la seconde fois, il était plaisant de reprendre le contrôle de la situation. Restait juste à sortir de là sans se faire prendre par les Hunters. Attrapant un bras du vampire elle le souleva péniblement en grimaçant, il pesait son poids le bougre ! Usant de toutes ses forces elle le traina ainsi à travers les égouts, suivant le chemin qu’elle avait pris pour venir. Ils sortirent enfin par une bouche d’égout dans le quartier résidentiel. Le pire avait été de le remonter… La suite était un jeu d’enfant, la rue était déserte et son immeuble avait un ascenseur.

Et maintenant qu’elle était enfin chez elle, l’odeur de rat d’égouts que véhiculait l’immortel lui sautait au nez. Le dragonnet montra aussi son mécontentement en grondant. Se déchaussant l’ange s’en alla chercher une bassine d’eau tiède, un gant de toilette et deux couvertures. Le buveur de sang se retrouva rapidement en sous-vêtements, le reste aillant atterri dans le lave-linge. Avec un air blasé Alice entreprit une toilette sommaire de l’inconscient. Le jeter dans un bain aurait été plus pratique mais le porter était usant. Une fois propre elle le déposa sur une couverture au sol et le couvrit de la seconde.

- Natsu, s’il bouge tu me préviens.

Sur-ce elle tourna les talons pour se glisser dans la salle de bain dont elle laissa la porte entrouverte pour permettre les allés venues du dragon. Ses vêtements dans la machine aussi elle la lança avant de profiter d’une bonne douche chaude. Ses muscles courbatus en avaient bien besoin. Bien que le sceau soit à nouveau en place son dos était douloureux suite aux blessures de ses ailes.

C’est avec son éternel ensemble pantalon noir chemisier blanc qu’elle retourna au salon s’installer dans le canapé. Penchée sur le vampire elle observait son sommeil forcé. Les mèches brunes de la jeune femme tombaient dans son dos et sur ses épaules, mouillant le tissu de son chemisier par endroit pour donner un léger jeu de transparence.
Lorsque Vlad ouvrit les yeux la première chose qu’il vit fut probablement la lame noire du katana dont la pointe était posée sur sa gorge.

- Je te préviens avant que tu râle ou tente de bouger, tu te tais et tu m’écoute.

Sa voix était neutre, mais appelait à une obéissance immédiate. De toute manière il ne pourrait bouger que très peu et ses jambes ne le porterait probablement pas avant un moment. Rengainant le sabre elle le posa à côté d’elle.

- Vlad Himei… ou devrais-je dire Chinokami ?

Elle agita quelques pages sous son nez avant de poursuivre.

- Himei est le nom sous lequel les autorités te connaissent, mais ces derniers temps j’ai pas mal chassé et étudié les sangs purs. Or ce nom n’apparait dans aucune grande famille. En revanche le rejeton Chinokami aurait déserté ses devoirs de sang bleu… C’est toi n’est-ce pas ?

Cette info était une aubaine, qu’elle n’avait pas encore communiquée à la guilde, après tout elle n’était pas sûre.

- Tu as vu que tu es toujours en vie… Sache que j’aurais pu te tuer un paquet de fois tu t’en doute. Maintenant je pense que tu as compris que je ne suis pas la bonne personne à se mettre à dos Vlad. Mais je pense que nous sommes quitte, tu m’as protégé des tiens, tu m’as fait souffrir et je suis repartie vivante, moi de même. Car que ce soit clair, à l’heure qu’il est tu devrais pourrir avec les rats.

Il n’était vivant que parce qu’elle avait bon cœur, bien que l’idée de le tuer l’avait tenté…

- Tu es un adversaire de valeur, mais je ne te laisserais pas gagner, or notre petite guerre risque de déclencher un affrontement entre les tiens et les miens. Or une guerre entre Hunter et sang purs ne serait profitable à personne. Et je n’ai pas franchement de raisons de te tuer…

Elle lui tendit la main avec une ombre de sourire.

- Que dirais tu d’enterrer la hache de guerre ?

Etant tout deux des adversaires redoutables leurs affrontements ne mèneraient à rien, une bataille stérile en somme… En revanche une alliance serait probablement profitable aux deux camps.
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Vlad Himei

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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 3 Aoû - 6:02





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De l’horreur à la douceur, du supplice à l’inertie… Vlad s’était vu arracher du monde matériel sans avoir pu lutter. C’était une sensation étrange de se sentir autant en danger en en ayant autant rien à foutre. Le noir et le silence étaient apaisants, tout ce qu’il espérait voir durer, car il savait que s’il ouvrait l’œil maintenant, quelque chose de bien moins réjouissant l’attendait. Il osa quelques pas dans ce nouveau monde de perfection abstraite, où il n’y avait plus ni douleur ni hunter, juste les ténèbres, la paix. Par le plus grand des désintérêts, il s’aperçut qu’il était nu à errer seul il ne savait trop vers où, mais ça n’était pas ça le plus important. Sa côte cassée avait laissé un hématome aux couleurs inquiétantes tout le long de son flanc, et il n’y avait pas été de main morte avec ses griffes sur son buste. Il fallait soigner ça à l’instant.
Alors que la pensée l’effleurait, un léger toucher froid lui fit tourner la tête. Elle était là, elle aussi. Ses mains, timides d’abord, finirent par courir sur la sèche musculature de son torse pour en laver les plaies avec soin. Chaque caresse laissait sur sa peau une trace humide et fraîche qui lui faisait un bien fou. Lorsqu’elle passa sur sa côte brisée, il eut un sursaut, et attrapa doucement sa petite main pour la porter à ses lèvres. Il vit alors son sourire mutin s’élargir, et sentit soudain ses formes divines épouser sans merci le creux de ses reins. Vlad retint sa respiration, la regardant sans trop vouloir comprendre. Le fait qu’elle aussi n’était vêtue que du plus simple appareil était sûrement pour quelque chose dans son trouble. Il se laissa amadouer par le discret mouvement de son bassin contre lui, ça n’était pas comme s’il avait le choix de toute manière, il s’aperçut rapidement qu’il ne pouvait bouger le moindre muscle. Mais le déhanché s’intensifiait, générant une torride fièvre en lui qui put douloureusement se contenir. Sa voix semblait éteinte, endormie, mais les réactions de son corps ne pouvaient mentir sur ce qu’il ressentait, et cela semblait profondément amuser sa tortionnaire, qui, accrochée à son cou, fit glisser sa langue le long de son oreille en murmurant d’une voix désopilante :


« J’ai gagné, Vlad… »

Le réveil fut rude. La première chose qu’il sentit fut son corps lui-même, lourd, encombré de chair meurtrie, de muscles endoloris. Il ouvrit l’œil, s’attendant presque à voir les barreaux d’une cage ou les sourires sardoniques de ses bourreaux, mais rien de tout cela. A la place, ce fut le noir total… La vue ne lui était pas revenue, il avait beau plisser l’œil, il ne percevait pas le moindre sursaut de lumière. Il aurait dû céder à la panique causée par cette effrayante cécité, mais il se força à réfléchir calmement. Il sentit en revanche étrangement bien le froid de la lame qui se posa contre sa gorge à l’instant même où il tenta un premier mouvement.

Elle encore, elle toujours… Ses lèvres violacées se soulevèrent légèrement sur ses canines proéminentes et laissèrent échapper un profond grognement. A vrai dire il aurait pu le deviner. La chasseuse avait dû être trop heureuse de l’avoir enfin à sa merci pour le laisser aux autres hunters. Il inspira longuement une bouffée d’air embaumé de son odeur angélique. Le sol, le plafond, tout sentait tellement elle que s’en était presque écœurant. Maintenant il en était sûr, il se trouvait dans un endroit où elle devait vivre 24h sur 24. Une chambre à la guilde ? Pourtant, il était peu probable que les hunters lui laissent le luxe de ne pas finir dans les geôles, et il ne sentait pas la présence d’autres menaces autour de lui… En même temps, l’acuité de ses sens était toute relative. Il ne pouvait visiblement pas compter sur sa vue pour l’instant. Son toucher était maigre, bien qu’il sentait le tissu rugueux d’un drap sur son épiderme et la dureté du sol sous lui, il ne parvenait pas à dire s’il était libre, enchaîné, blessé, nu ou habillé. Son odorat et son ouïe, en revanche, étaient si sensibles qu’il en souffrait à chaque respiration, à chaque mot de la peste angélique qui continuait de caqueter ses paroles entremêlées. L’écho vibrant de sa voix résonnait contre les murs et les vitres de la pièce comme une cacophonie insupportable, mais Vlad ne comprenait pas le sens de tout ce qu’elle disait. Il entendit vaguement son nom de famille se prononcer comme le rappel de quelque chose qui n’est pas censé se savoir, et soupira faiblement. Rien qui confirmerait ou infirmerait ce qu’elle pensait connaître de lui. Le claquement de pages de papier retentit dans le lointain…

Le battant inutile de sa paupière contre son œil ne se releva pas. Il ne fallait pas gâcher ses forces, et jauger la situation. Lentement, lourdement, son bras se déplaça et ses doigts rencontrèrent sa côte blessée… Un faible gémissement franchit ses lèvres. Ce n’était donc pas qu’un rêve. Il remonta sa main jusqu’à son buste et y découvrit les tranchées suintantes qu’y avaient laissées ses griffes. Il n’était pas guéri… Combien de temps s’était écoulé entre leur combat et son réveil ? Son horloge interne semblait lui dire plusieurs heures, mais alors il aurait déjà dû guérir, au moins en surface.
La révélation le frappa aussi subitement qu’une décharge électrique. Il n’y avait qu’une seule chose qui pouvait entraver à ce point sa régénération naturelle et le mettre dans cet état de faiblesse extrême : l’argent…

Sa main retomba lourdement sur le sol et s’accrocha au tissu. Que lui avait-elle fait... ? Il se rappelait très vaguement de leur affrontement, de l'avoir mordue, et de l'avoir terriblement regretté... Il s’enroula doucement sur lui-même, se rendant compte qu’il se sentait étrange, mal à l’aise, tremblant. Il avait froid, sensation qu’il n’avait connue que rarement, et pourtant son corps était brûlant. De la fièvre ? Comment pouvait-il avoir de la fièvre… La sueur sur son front et ses tremblements firent taire ses doutes. Sa main se fraya un chemin jusqu’à son visage et il toucha fébrilement l’un de ses crocs. La douleur lui arracha presque un hurlement, mais il était trop faible pour ne pousser plus qu’un maigre gémissement. D’après ce qu’il sentait, les veines saillantes marquaient toujours ses yeux et sa bouche… une vraie saloperie.


« A b-boire… » S’entendit-il murmurer, alors que sa main revenait au chaud contre son torse ensanglanté. Sa gorge le brûlait comme jamais, plus que tout il voulait se débarrasser de cette ignoble sensation.

Il rouvrit l’œil inutilement, perdu dans un néant d’images sombres et informes. Il se prit à écouter les bruits autour de lui pour tenter de déterminer ce qui se passait. Au moins la chasseuse avait-elle cessé de parler trop fort, trop vite pour son entendement. « … raisons de te tuer… hache de guerre… » Légèrement agacé de l’entendre le menacer alors qu’il ne pouvait de toute façon pas répliquer, Vlad laissa échapper ce qui pouvait s’apparenter à un amer rire bref, et murmura, sans s’occuper de savoir si la hunter pourrait discerner sa voix silencieuse.


« Tue-moi… maintenant. S-si tu ne le fais pas, jamais plus tu… n’en auras… l’occasion. Et tu le regretteras. Toute ta vie… »

Une quinte de toux prit violemment le délirant, terminant d’émietter sa dignité aux pieds de sa geôlière tandis qu’il enlaçait son corps nu de ses bras, attendant le coup final.




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Alice Eden

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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Dim 16 Aoû - 21:58

Observant l’immortel revenir à lui Alice ne réalisa pas de suite à quel point le poison l’affectait. Le dosage n’était pourtant pas si fort... Jamais elle n’aurait cru qu’il y serait si sensible. Les sangs purs étaient donc les plus puissants mais aussi les plus fragiles. Jamais le regard ne se posait sur un point fixe, comme s’il cherchait sans trouver, l’ange compris que la vue ne lui était pas permise. Lorsqu’il se recroquevilla sur lui-même, gémissant et demandant la mort l’estomac de la Hunter se noua.

Elle resta un moment comme ça, à l’observer sans comprendre pourquoi d’un coup elle se sentait si mal. De la pitié ? De la culpabilité ? Un peu des deux sûrement… En y repensant, lors de leur première rencontre  c’est elle qui s’était montrée agressive, la deuxième fois aussi. Il avait fait son travail sans la tuer, alors qu’il aurait pu, se contentant de douleurs morales. Ses mots lui revinrent en mémoire, oui, elle ne savait s’exprimer que par la violence, ayant renoncé aux méthodes douces depuis bien longtemps. Blessant les autres avant d’être blessée.

Mais pour une fois, la fière chasseuse devait bien avouer qu’elle avait développé une forme d’attachement qu’elle n’aurait pas cru possible envers un ennemi. Elle le soupçonnait mais pas de là à l’empêcher d’exaucer son vœux d’en finir. Mais ce qui est fait est fait elle ne pouvait pas changer ça. De toute manière l’ange n’avait jamais prétendu être quelqu’un de bien.
Sans trop y réfléchir, elle se laissa glisser à genoux à côté du vampire. Dans un geste d’une infinie douceur elle posa sa main fraiche sur la joue brûlante de Vlad. Un comportement doux qu’elle n’avait pas eu depuis bien longtemps. Sa voix aussi, plus basse, dans le même esprit que son geste murmura presque.

- Si j’avais voulu te tuer, je l’aurais déjà fait… Et ne t’en fais pas, les regrets c’est mon lot quotidien…

C’était étrange de se rendre compte qu’un vampire pouvait être fiévreux, une vrai découverte. Rapprochant une petite bassine elle découvrit le torse de l’immortel jusqu’au nombril, plongeant un lige dans l’eau elle le passa à nouveau sur les plaies qui tardaient à cicatriser, avec une surprenante délicatesse. Sortant un morceau de tissus propre de l’eau froide elle le plia pour le poser sur le front de Vlad. Puis se redressant elle rapporta le récipient et les linges souillés à la cuisine.

La Hunter avait voulu négocier mais il fallait se rendre à l’évidence, dans son état c’était impossible. Ouvrant le frigo elle en sortit une boite en métal, l’ouvrant à son tour elle sorti l’une des petites poches avant de la ranger. Le métier de Hunter est risqué, on met sa vie en jeu à chaque mission et il n’est pas rare de revenir salement blessé. Mais en cas de nécessité les humains peuvent toujours recevoir une transfusion de sang à l’hôpital. Trouver du sang angélique en revanche ce n’est pas la même histoire… Et avec le sceau son organisme ne le supporterait probablement pas. Aussi Alice prélevait-elle régulièrement son sang pour en avoir en cas d’urgence. Ouvrant la poche de précieux liquide elle enfonça une paille là ou un tube de transfusion devrait se trouver.

Après un rapide détour par sa chambre elle revint s’agenouiller auprès de l’homme agonisant. Drapant une seconde couverture sur la première pour le réchauffer. Puis délicatement l’ange glissa l’extrémité de la paille entre ses lèvres. Visiblement ses crocs étaient trop douloureux pour être utilisés.

- Bois, ce n’est pas empoisonné.

Il n’avait de toute façon pas le choix, il lui fallait boire ne serait-ce qu’un peu pour retrouver quelques forces. Bien qu’une petite poche comme celle-là serait juste suffisante pour apaiser quelque peu son mal. Il avait de quoi être traumatisé par ce sang, mais une légère pression du doigt sur la poche le força à y gouter. En l’absence de brûlure d’argent il réaliserait bien qu’elle ne cherchait pas à le tuer. Alors qu’il se désaltérait, Alice glissa ses doigts dans les cheveux du vampire, les caressant doucement sans trop savoir ce qui la poussait à faire ça. Probablement que le voir si faible l’incitait à se montrer douce…
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Vlad Himei

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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Jeu 20 Aoû - 13:14





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Le calme retombait. Sans la voix cristalline de la chasseuse répercutée en écho sur toutes les parois, Vlad parvint à se détendre un peu. Quoi qu’elle déciderait de lui faire, il n’était pas en mesure de l’en empêcher, et comme il s’attendait au pire, son corps tressaillit brièvement au contact qui s’abattit contre sa joue fiévreuse. Il resta immobile un instant, tentant d’élucider toute sa perplexité à comprendre qu’il ne s’agissait pas là d’une lame, mais bien de la main inquisitrice de sa tortionnaire.

La mélodie de sa voix trompa de nouveau le silence. Elle semblait avoir compris, murmurant à peine plus haut que le vent dans les arbres au dehors, et l’agonisant lui en fut reconnaissant. Dans un éclat de lucidité, il comprit étrangement bien ce qu’elle lui dit, tout en s’interdisant de croire que cela tenait d’une quelconque compassion de sa part.

Ses bras enroulés autour de son corps luttèrent par réflexe contre ceux qui entendaient les détacher, mais ses vaines protestations n’avaient pas été difficiles à évincer. Il serra la mâchoire en sentant l’eau courir sur son torse. C’était froid, intrusif, et lui laissait la désagréable impression qu’on le préparait à une quelconque opération… Ou qu’on le recousait peut-être, la douleur de ses blessures s’atténua quelque peu. Aurait-il le droit à l’anesthésie générale ? Une compresse fraîche vint appuyer contre son front pour toute réponse, et il entendit des bruits de pas s’éloigner de son lieu gisant.

Vlad ouvrit l’œil à nouveau. L’infinité des ténèbres se précipita soudain sur lui, comme pour l’avaler tout entier. Il n’en fut pas effrayé. La première fois, c’était il y a vingt ans, lorsqu’en gage d’amitié, il avait sacrifié la moitié de sa vue. Pendant plusieurs jours, il n’avait pu rien contempler d’autre que la solitude du néant, et puis, ça lui était revenu. Les couleurs d’abord, informes, indistinctes, comme une cacophonie d’instruments, un orchestre sans dirigeant. Puis les formes, précises, marquées, rondes et douces ou angulaires et incisives. Enfin, l’ombre et la lumière avaient donné au tout une perspective de réalité. Doucement, il leva la main jusqu’à son front et tâtonna timidement le linge humide. Quelques gouttes glissèrent de son front et cueillirent le coin de son œil comme la pluie un pétale, forçant sa paupière à se clore quand des talonnements retentissaient de nouveau.

Avec eux, s’achemina à son odorat une fragrance bien connue, et à présent terriblement redoutée. Vlad sentit la nausée et la fureur monter en lui, ses douloureuses canines le tiraillaient. Il se tourna lentement sur le côté, un rideau de cheveux glissant devant son visage, mais en vain. Le tube de plastique glissa sur sa langue sans qu’il n’ait la force de le repousser. Il attendit, peu pressé de connaître la réaction de son corps si une nouvelle lampée d’argent s’y engouffrait, mais les mots de la chasseuse retentirent soudain dans l’absurdité de ses questionnements. Il n’y avait pas vraiment d’intérêt à le réexposer au poison, elle avait pu en constater les effets, mais le fait qu’elle lui redonne sa source vitale avait encore moins de sens. Avait-elle peur d’en finir trop vite ? Il n’était pas si faible au point de périr pour si peu, tout du moins était-ce ce qu’il aimait à croire, mais dans son état lamentable, si ce n’était pas l’argent qui causait sa mort, il rendait toute défense impossible. Dans le doute, il attendit, un brin de défi dans sa résignation, et musela ses lèvres sur la paille insipide.

Le liquide afflua soudain à son palais, le surprenant par sa température glacée. Cette première mise en bouche lui fit l’effet d’une gorgée de graviers, et son corps accusa un mouvement de rejet. Une toux sèche et encombrante éclaboussa tissus et sol d’une pluie d’hémoglobine… La révélation lui apparut comme une douche froide. Ce nectar était sain. Ça avait presque failli le tuer quelques heures auparavant, mais plus aucune trace du mortel métal ne le gangrénait désormais.
Une fois sa toux passée, son souffle osa réclamer une nouvelle gorgée, puis une autre, et ainsi de suite… Les vagues de l’épaisse écume ne laissaient sur sa langue qu’un goût de cendre après un feu de forêt. Il se contraint néanmoins à cet amer répit. Sa main vint même attraper ce qu’il croyait être le sachet, quand ses doigts se refermèrent sur un frêle poignet. Il termina l’offrande, sentant déjà les effets du puissant breuvage produire leurs offices en lui.

Sa paupière se souleva à nouveau, et à sa grande surprise il distingua des formes autour de lui, rien de précis, un paysage fantomatique. Le matin était déjà là, et avec lui son éreintante clarté. Et la chasseuse, à son chevet, agenouillée.
Vlad tenta de bouger, et réalisa qu’il tenait toujours le poignet de la belle entre ses doigts serrés. Il la relâcha comme on ôte sa main d’une plaque brûlante, toujours sans la regarder, occupé à contempler l’improbabilité de la situation de son œil reptilien. Les douces caresses dans ses cheveux l’apaisaient, mais le fait que ça soit les doigts de son ennemie qui s'y entrelacaient le dérangeait...

Après quelques secondes, sa voix sembla se débloquer au fond de sa gorge, et il lâcha entre deux souffles…



« Tu passerais presque… pour une ange… C’est écœurant… »

Le patient se remit sur le dos, accueillant la dureté du sol d’un grognement. Sa pupille s’accrocha un instant au plafond clair, puis dévia sur l’ange dont il distinguait mal les traits. Aucun doute sur la personne cependant, son odeur était incroyablement envahissante.
Il la fixa longuement, l’expression indéchiffrable et quelque peu embrumée par la fièvre persistante. Il ne pouvait nier mieux se sentir, mais l’incompréhension n’en était que plus grande. Son timbre traînant et meurtri reprit après quelques secondes.


« A quoi tu joues… ce n’est pas le moment d’hésiter, Hunter » L’ombre d’un sourire mauvais glissa sur ses lèvres qui se tordirent au passage d’une douleur. « … fais vite… » Poursuivit-t-il d'un ton suave… « Les forces reviennent en moi, et moi je n’hésiterai pas… »




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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mar 8 Sep - 19:12

Un petit soupir de soulagement s’échappa des lèvres de l’ange quand le blessé se mit à boire, il en avait cruellement besoin et se borner à refuser ne l’aurait mené à rien. Les yeux bleus se posèrent sur cette grande main qui s’était refermée sur son poignet, qui n’était probablement pas sa cible. La façon dont il la lâcha comme s’il s’était brûlé le lui confirma. Ses mots lui firent l’effet d’un coup de poing, un sourire amer étira ses lèvres alors qu’elle retirait sa main des mèches de Vlad. Malgré la souffrance il poursuivit d’un ton mauvais et l’ange ne pût s’empêcher d’effleurer sa joue du bout des doigts.

- Tu es bien prétentieux… tes jambes ne te porteront pas avant demain je pense, quand à tes pouvoirs tu peux oublier pour un petit moment…

Il semblait la voir puisque son œil était posé sur elle et avait suivi son mouvement, le sang divin faisait donc effet, tant mieux. Le sourire amer devint un peu triste et nostalgique alors qu’elle ramenait ses genoux contre elle en les entourant de ses bras, posant finalement le menton sur ses genoux. Cette posture avait été fréquente durant ses jeunes années, puis à chaque coup dur. Sa voix s’éleva à nouveau, douce et calme, basse pour ne pas le déranger.

- Je n’ai plus rien d’une ange n’est-ce pas ?

Cette question semblait plus pour elle que pour lui mais elle reprit en posant les yeux sur sa victime.

- Je n’hésite pas Vlad, je ne te tuerais pas et je ne laisserais pas la guilde te trouver parce que j’ai lancé cette chasse. Pour une fois je vais faire quelque chose de bien…

Depuis combien de temps chassait-elle les vampires sans distinction ? Avait-elle seulement tenté un jour de dialoguer avec une de ses créatures qu’on lui avait demandé de tuer ? Jamais, il était le premier. Au fond n’était-ce pas elle qui avait ouvert les hostilités en acceptant un contrat les yeux fermés ? Pour une fois elle ôta son masque de chasseuse au sang-froid implacable.

- Je n’ai pas toujours été le monstre que tu connais… Va savoir pourquoi j’ai eu l’impression que te tuer serait comme faire une croix sur celle que j’étais et que je deviendrais le monstre sans cœur que tout le monde connait.

C’était ridicule à souhait comme discours, un faible rire secoua ses épaules. La fatigue la faisait divaguer.

- Peut-être parce que le noble sang pur que je pensais mon ennemi n’est en réalité qu’un enfant… Honnêtement je ne te pensais pas si jeune.

Suite à ses recherches Alice avait appris qu’il avait la petite quarantaine, elle aurait pût être sa grand-mère. C’était assez amusant quand on les regardait car il semblait plus âgé et en savait plus long qu’elle dans certains domaines. Probablement parce que lui avait pleinement vécu ses quelques années d’existence alors qu’elle avait souvent l’impression d’avoir gâché ce dernier siècle.

- Si tu me déteste réellement alors tu auras raison de ne pas hésiter… De toute manière ça fait bien longtemps qu’il n’y a plus personne pour me pleurer.

Un sourire sincère étira les lèvres de la jeune femme qui se pencha pour poser ses lèvres sur la tempe brûlante du vampire. Sans trop s’en éloigner elle murmura.

- Merci, grâce à toi j’ai compris certaines choses…

Le dernier message de son maitre, les derniers mots que lui avait adressé son élève, le regard de sa mère à la toute fin… Si la solitude semblait lui avoir toujours collé à la peau la Hunter réalisait que celle qui lui pesait actuellement était entièrement de son fait.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Jeu 10 Sep - 8:24





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La malice de la sainte l’apaise, le ravit. Il voit dans ses yeux l’esquisse du jeune inoffensif qu’elle convoite. Il voudrait incarner tant d’innocence. Sa commissure se courbe, relève le coin d’une bouche. Le blessé plaisante avec elle, sans toutefois sourire. Ses forces l’en remercient. Et s’il est amusé, le prince n’est pas distrait. C’est là sa grande force, du haut de son court demi-siècle, il a l’expérience, il a le contrôle. Tout le temps. Toujours.

Lentement, il leva sa main aveugle jusqu’au visage de la chasseresse. Ses doigts d’homme de combat, doux mais fermes, faits pour dominer, devinrent étrangement dociles au toucher du satin de sa peau fragile. D’un contact continu, sans à-coups, il parcourut les reliefs de son élogieux faciès, son pouce et son annuaire redessinèrent la délicate membrane de ses paupières. La pulpe de son majeur épousa l’arête de son nez, puis s’échoua sur la courbe sensuelle de ses lèvres, où il reposa quelques secondes.
D’une seule caresse, il lut sa sincérité, sa dévotion, et revit avec précision la perfection de ses traits. Il avait presque oublié à quel point elle était belle, défaite de ses torsions et contractions de tueuse qui déformaient la rondeur juvénile de son visage. D’ivoire et de soie, son portrait était une œuvre d’art, une statue de douceur et de volupté, que, de quelques papillonnements, ses doigts d’esthète dégustaient avidement... Son poignet se tordit pour glisser un index autoritaire sous le frêle menton de la guerrière, et d’une délicate impulsion, ordonner qu’elle s’approche davantage.

Leurs lèvres étaient proches, si proches qu’ils purent sentir leur chaleur se mêler, leur souffle s’épouser avec envie. La main du mourant s’égara en circonvolutions paresseuses sur la gorge de la divine, jusqu’à saisir l’arc de sa clavicule d’une irrésistible emprise. En transe, il fit chanter de son méticuleux doigté la rondeur pointue des frêles os, en remontant lentement vers les plus jeunes crins de sa lourde chevelure. Dépossédé de mots, il écoutait ses confessions. Une sensation le fit soudain interrompre ses charnelles explorations. Sous ses doigts, des éclats de chair, des perles de sang. Il effleura l’estrade du désastre. Les événements de la nuit passée déchirèrent sa conscience, comme un voile trop léger pour retenir une tempête. La marque de ses crocs était profonde, elle évoquait l’acharnement carnassier du loup, les déchirures brutales du fauve. Son pouce et son index se frottèrent amoureusement l’un contre l’autre, et son œil ouvert sur l’horreur apprécia malgré lui chaque nuance pâlissant du rouge à l’orange à mesure qu’il étalait l’hémoglobine sur le labyrinthe de ses empreintes digitales.

Sa main retomba sur le sol, amorphe. Vlad détourna la tête, pris d’une soudaine nausée. Des flashs de souvenirs se jetèrent à sa conscience pour lui rappeler violemment le monstre affamé qu’il était devenu. Ça n’avait pas été long, mais si marquant. L’envie brûlait encore sur ses lèvres, au fond de sa gorge. Désolant. Il avait eu... envie. Tellement envie. De la mordre. De la déchirer. De la posséder. Un feu glacé s’empara de chacune de ses veines jusqu’à ses extrémités. Il avait voulu son sang au point de…

La tuer.

Comment pouvait-on tomber aussi bas... Lui, le sang-pur, le prince vampire. N’était-il donc pas de fait à l’abri d’un tel débordement ? Il contrôlait, il se contrôlait. Toujours. Tout le temps.
Les muscles de sa puissante mâchoire contractèrent en stries rectilignes ses joues honteuses. Jamais il n’avait ressenti une telle chose, ce n’était plus la soif, désir de jouissance et d’oubli, de tendresse et d’ardeur. C’était la Soif, cruel besoin primaire, aveugle et déraisonné. Et que ce fut Alice qui en était devenu la cible… rendait la chose pire encore. Voir ce qu’elle avait fait de lui le rendait malade, furieux. Contre elle, contre lui. Le sang pur. Le prince vampire.


« Je t’aurais tuée…. » Chuchota-t-il comme s’il espérait qu’elle ne puisse l’entendre. « Si tu n’avais pas empoisonné ton sang, je t’aurais dévorée. Entièrement. » La paupière close, son ouïe goûta silencieusement aux battements réguliers du cœur de la vivante, oubliant un moment le court de ses pensées. Cette petite chose si fragile, livrée à ses crocs, aurait éclaté pour son éphémère plaisir. Ce sang au goût si délicieux de l’insoumission, perdu à jamais. Sien pour toujours. Il ne valait pas mieux que les monstres qu’elle avait toujours chassés.

Peut-être était-il pire même. Pour lui avoir fait croire qu’il était différent. Avoir montré un visage d’humain pour cacher la Bête. Il repensait à Samuel. Adorable insoumis. Dont il s’était gaussé du manque de retenu ; le karma, ce fataliste si charmant…
Malgré ce qu’il lui avait fait, elle l’avait amené chez elle, soigné, et promettait encore de ne pas le tuer. L’appeler « enfant », c’était indulgent. Et tout aussi inconscient. Ne pouvait-elle le voir tel le monstre qu’il était ? Il paniqua soudain. Cet homme, ces traits, cette colère. Tout lui rappelait… l’autre. Le bourreau. Le meurtrier.

Sa paupière se rouvrit, fatiguée. Un énième délire enchanta ses lèvres.


« Je suis désolé… »





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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 12 Oct - 22:19

Docile l’ange laissa cette grande main effleurer sa peau, exploration aveugle en quête de réponses. Pouvait-il la croire ? Il sembla convaincu de son honnêteté. La soudaine proximité ne troubla pas la jeune femme. Combien de fois s’étaient-ils retrouvés si proches ? Comme si ce cycle semblait se répéter encore et encore, tantôt adversaires, tantôt irrémédiablement attirés.

Leurs souffles se mêlaient, un instant elle crut que cette infime distance allait être rompue. Elle se surprit même à le vouloir. Mais les doigts du vampire trouvèrent les marques de sa perte de contrôle. Il sembla profondément affecté par ces souvenirs. Ses mots confirmaient les apparences. Son aveu était si touchant, un mince sourire, doux et compatissant étira les lèvres d’Alice. Sa main se posa avec douceur sur la joue du blessé. Son pouce effectuant de lentes caresse sur la peau trop chaude de l’immortel. La fièvre semblait avoir un peu diminué cependant.

- Je sais… Je le savais en allant à ta rencontre… et je ne t’en veux pas, c’était probablement mérité. Sache que je ne pensais pas que ma petite vengeance irait si loin…

Le front de la chasseuse se posa contre celui du prédateur.

- Moi aussi j’ai peur de voir le monstre en moi, quand j’ai réalisé qu’il existait j’étais comme toi… Angoissée…

Les paupières closes elle laissa un silence s’étirer. Les instincts du vampire pouvaient prendre le dessus et le pousser à devenir une bête. Longtemps l’ange s’était cru au-dessus de tout ça, sa nature divine et son éducation humaine n’appelaient pas le sang. Mais la haine qui l’avait rongé si longtemps l’avait poussé à tuer sans discernement. En cela était-elle vraiment différente de ses proies ? Etait-elle vraiment différente de lui ? Longtemps ces questions avaient tourné dans son esprit. A présent la réponse lui semblait évidente.

- J’accepte la bête en moi de peur d’en devenir une.

Comme tous, la jeune femme possédait une part d’ombre, la renier serait stupide, elle faisait partie d’elle. L’accepter permettait de la cerner, de garder un certain équilibre. Mais en cela elle se rapprochait de sa chute. Un être divin ne doit pas se laisser à la facilité, il doit lutter contre ses démons. Une belle utopie !

La Hunter devait ouvrir les yeux sur ce qu’elle était. Il fallait accepter ses craintes et ses doutes, ses échecs et ses envies. Pour pouvoir enfin vivre.

Son front s’éloigna de quelques centimètres, ses iris bleus posés un instant sur le visage de Vlad, pour finalement se refermer alors qu’elle s’accordait le baiser qui lui avait échappé un peu plus tôt. A quoi bon ne pas céder ? Ce n’était pas le premier, probablement pas le dernier. Et visiblement c’était trop peu pour mettre ses ailes en danger. Il l’attirait, les raisons étaient flous mais étaient-elles vraiment importantes ?

Alice rouvrit les yeux lorsque ses lèvres s’éloignèrent de leurs homologues fiévreuses. Leurs visages étaient toujours proches alors qu’elle observait la réaction du vampire. Après ce qu’elle lui avait fait subir il trouverait probablement ça de mauvais gout.

- Je n’ai plus envie de me battre contre toi…

Sa voix était douce comme un murmure, une façon bien plus apaisé de demander la paix que lorsqu’elle l’avait fait à son réveil.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 16 Oct - 17:05





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Peu de mots lui parviennent. Le flot des paroles est incessant pourtant, mais il pense. Trop. Revoit l’horreur de ses derniers instants. Le terrible souvenir de son ancêtre, le Comte des réprouvés, l’Éventreur de rêves d’enfant. Il tremble un peu, c’est peut-être la fièvre, peut-être la peur. Les caresses pourtant l’apaisent.
Elle le comprend si bien. Ennemis, deux créatures que tout opposent, et pourtant si semblables. Qu’elle pense avoir mérité sa colère l’agace, il n’est pas cela. Il n’existe pas pour tuer ses proies... Mais se rend à l’évidence face à sa naïveté.

Elle ne réalise pas à quel point les siens sont haïs dans leur société, à quel point l’ordre des choses donnera toujours raison aux humains. Elle n’est pas la seule en cause, ses propres camarades lui ont tourné le dos sans même lui laisser une chance, sous prétexte qu’il avait des crocs... Et Sansa. Le rire cristallin de la Pirate lui vrille les oreilles. Sansa, douce et amère Sansa.
Il ne souhaite d’elle que des choses simples. La revoir, l’enlacer, l’étrangler et jeter son corps par-dessus bord. Il revoit son navire, sa raison de vivre, celle qui l'emportait loin de son ennuyeuse et exigeante vie aristocratique.
La Vierge se portait-t-elle toujours à flot ? Les cales pleines de vivres et de pierreries dérobées aux infortunés ? Ses voiles n’ont pas reparu à l’horizon d’Arméria depuis... Enfin...

L’aveu tombe soudain. Une chaude sensation emplit sa poitrine, soulage un peu la maladie. Le vampire sent son bras venir enlacer celle qui le veille. Doucement, sans la force qui d’habitude l’habite. Ses doigts se glissent sur l'os pointu de sa hanche, l'invite à épouser la sienne, rompre toute distance. Il allonge la tête sur le côté, sent son menton se faire chatouiller de mèches humides, aux senteurs fleuries d'avoir récemment été lavées. Il étonnement bien les formes de l'ange contre lui, vibrantes, câlines... Ou peut-être est-ce déjà un rêve aussi.
Il n’est plus en danger. Elle n’est plus à tuer. Elle n’est plus... l’Ennemie. Sa pupille lit-de-vin se brouille lentement.

La vision s’efface, étouffée dans le noir. Les rêves prennent le goût d’une bouche virginale....

La nuit. De toutes les traitresses, elle est sans conteste la plus fidèle. Ses bras de soie moelleuse s’étendent sur le monde, enveloppent tendrement ses proies, les enserrent jusqu’à la mort. Les infants en ont fait leur royaume, gardant tout vivant de se tenir à leur palier du crépuscule à l’aurore. La nuit est enfin tombée.
Le son d’un clocher au loin l’a tiré du sommeil. Trop peu d’heures sont passées depuis son alitement. Il le sait. Il le sent. Chacun de ses muscles agonisants le lui rappelle assez en crissant alors qu’il tente un premier mouvement. Ouvrir son unique paupière mobile a tenu de l’exploit. Réaliser qu’il pouvait de nouveau voir, du soulagement. La nuit a teinté le plafond blanc aveuglant d’un joli bleu-gris. La seule source de lumière de la pièce semble se trouver derrière lui. L’endroit est calme, seuls lui parviennent des chuchotements, des bruissements de voix et de pas à l’extérieur, loin, d’où ils ne peuvent l’atteindre. Un étrange sentiment de sécurité veille en lui.
L’air est toujours embaumé du parfum atrocement délicieux de la chasseresse.

Immobile, Vlad scanne l’endroit, cherche. La cherche. Sa chaleur l’a déserté. Seules restent la saveur de son baiser et le venin de son essence. Désopilant mélange. Il tente de se lever, roulant sur le flanc, cherchant appui sur ce qui lui tient lieu de paillasse. Sensation moite et tiède, probablement du fait de sa léthargie fiévreuse. Il se sent mieux pourtant, en accuse le morceau de tissu froid qui tombe de son front.
Après quelques efforts, l’infant se lève. Son premier réflexe est d’atteindre la fenêtre.

Il apprécie la simplicité du ciel sans nuage, sans lune et sans vent. L’été a bien mûri, l’automne prend doucement ses marques rouges et dorées dans la mer d’arbres qui s’étend tout autour du village. D’ici, il voit loin. On est haut, songe-t-il en repérant le clocher responsable de son éveil. C’est l’éclairage urbain qui lui parvient, tient encore en éveil les derniers réfractaires au joug sélénique.

Vlad délaisse son estrade de dépit. Il retrouve son asile, en saisit pour la première fois l’ensemble, et s’arrête pour en détailler l’aménagement aux couleurs sobres, modernes, à l’ameublement minimaliste. L’endroit est propre, sans être impeccable. Une pellicule de poussière nourrit le bois foncé. Il y passe son doigt, teste longuement la matière noble, caresse les tiroirs vulgairement sculptés aux machines industrielles, avant de simplement s’en désintéresser. Revenant vers sa couche, il passe en revue ses effets. Ses vêtements traînent négligemment sur le sofa. Il saisit son pantalon, y glisse ses jambes désespérément raides, malades, comme celles d’un vieillard, tire sur sa ceinture et referme la boucle d’argent sur la traîne. D’une main discrète, il assure l’arme qui y est cachée, et sourit. Le relief est bien là.
La pièce suivant le marque par sa normalité. C’est tellement loin de l’image qu’il a de l’occupante des lieux, que ça lui tire un sourire. Douloureux. Une cuisine, récemment utilisée, mais qui n’a curieusement aucune odeur. Il n’imagine pas la chasseuse cuisiner de toute façon. Silencieusement, il effleure du doigt les verres, les simili-porcelaines, le plastique rugueux des manches des couteaux à viande et à poisson.

L’obscurité du couloir l’attire, il s’y engouffre, et sitôt voit la sortie. Dans un silence de félin en chasse, il s’en approche. Il ne pense qu’à s’enfuir, sent déjà son corps s’y préparer. L’adrénaline réveille les résidus d’argent qui courent dans ses veines. Vlad grimace, se tend, s’arrête contre l’embrasure d’une porte à peine ouverte.

Une brève image lui parvient de l’intérieur. Le glace sur place. Sa main se porte lentement vers le panneau, le pousse légèrement. Elle est là. Le drap blanc qui nimbe son corps contraste avec l’ébène corbeau de ses cheveux.  Vlad se fige, son iris orphelin fixe cette effigie d’innocence. Il ne sait déterminer si elle dort, ou guette le moindre de ses mouvements. Sa respiration est calme, son cœur bat trop lentement pour un corps en éveil, mais elle est Hunter, feindre le sommeil est un jeu d’enfant pour elle. Il la contemple encore, lovée comme un animal craintif au fond de sa tanière. C’est ce qu’elle est. Les mots qu’elle lui a dits la veille lui reviennent en mémoire, une bête, un monstre. Une lionne terrifiée par son ombre. Le vampire jette un œil vers la porte blindée de la sortie. Qu’irait-il faire au dehors, à peine capable de tenir sur ses jambes, où une horde de hunters devait l’attendre la salive aux lèvres... Sa fierté le somme pourtant de s’en aller, de remercier la bonté de son hôte par un départ sans au revoir.

Il fait un pas, et aussitôt, un tambourinement lourd éclate en écho. Un beuglement rauque lui parvient de derrière la porte d’entrée.


« Eden ! Je sais que t’es là, ouvre ! »







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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mer 28 Oct - 11:06

Le vampire fut emporté dans les bras de Morphée après avoir esquissé une faible étreinte. Il semblait apaisé, rassuré peut être de l’aveu de celle qui avait tenu sa vie entre ses mains un peu plus tôt dans la nuit. Alice l’observa un petit moment, ses doigts effleurant la joue de l’endormi avant d’écarter quelques mèches de son front un petit sourire aux lèvres. Il est… attendrissant quand il dort. L’ange se leva, le jour était bien avancé mais l’ombre du canapé enveloppait la créature de la nuit, la protégeant des rayons brûlants. La fatigue des derniers évènements ne s’était pas estompée mais si elle dormait maintenant c’était parti pour des nuits d’insomnies après. Il fallait donc s’occuper. Durant un moment la chasseuse fit du tri dans ses dossiers, ses récentes recherches sur le sang pur ayant laissé un joyeux bazar. C’était toujours aussi étrange de se dire qu’il était bien plus jeune qu’elle, et qu’il était de si noble naissance, lui le pirate libre comme l’air. Les heures défilent lentement, trop lentement quand on n’a rien à faire.

Plus tard la jeune femme se livra au désormais habituel rituel. Une fiole contenant une solution translucide fut versée dans un petit bécher. Une aiguille s’enfonça dans le doigt et le sang tomba dans le liquide. La volute rouge se dissipa pour laisser apparaitre un faible précipité sombre. Il restait de l’argent dans son sang mais très peu. Il faut dire que Vlad en avait bu beaucoup et que l’organisme avait dû refaire du sang neuf et pur.

Enfin le soleil déclina dans le ciel, un repas vite avalé suivit une douche et l’ange se retira dans sa chambre. La fatigue l’emporta dans un sommeil sans rêves. Dans son sommeil léger les bruits de pas du noctambule la ramenèrent à la réalité. Ainsi il allait partir comme un voleur… Mais qui était-elle pour l’en empêcher ? La porte de la chambre s’ouvrit mais elle ne broncha pas. Il devait être surpris de voir la Hunter ainsi. D’apparences paisiblement endormie, sa peau pâle sous les rayons lunaires lui donnait des airs de poupée de porcelaine.

Le spectacle improbable prit fin quand un gêneur frappa à la porte comme un sauvage.

Les yeux bleus se rouvrirent et Alice sortit des draps avec un air agacé. La longue chevelure brune s’éparpillait sur ses épaules et dans son dos, s’accordant avec le tissu bleu nuit de la nuisette. Le vêtement soulignait élégamment ses formes, laissant deviner sans rien dévoiler. Elle replaça une bretelle sur son épaule et s’avança vers son invité, le poussant dans la chambre d’une main posée sur son torse. Les yeux océans se plongèrent dans l’œil unique lorsqu’elle posa son index sur ses lèvres pour lui intimer le silence. En sortant de la pièce elle tira la porte sans la fermer totalement, pour qu’il puisse entendre s’il le voulait.

Les pieds nus de la jeune femme étaient presque silencieux, la lourde porte en revanche non, pas plus que le Hunter qui attendait derrière. Il allait se remettre à beugler quand ses yeux découvrirent la chasseuse comme il ne l’avait jamais vu. Remontant le long des jambes fines, s’attardant sur la courbe de ses hanches… Lorsqu’il parvint au visage il se ressaisit, le regard qu’elle lui lançait indiquait clairement qu’elle n’aimait pas du tout qu’il se rince ainsi l’œil. Il se racla la gorge en se reprenant.

- Eden on t’a pas vu depuis le bain de sang ! C’est une hécatombe ! T’étais où bon sang ? Ton rapport ?!

Un soupir las lui répondit.

- Personne ne t’y a vu et la cible a disparu ! Certains disent que tu ne t’es pas pointé, d’autres que tu l’as aidé à fuir… ça te vas d’être considérée comme une traitresse ?! Fais ton travail !

Un rictus se dessina sur les traits de l’ange. Elle se tourna et fit glisser les bretelles de sa nuisette pour laisser voir le haut de son dos. A côté de l’omoplate un hématome à la taille et à la couleur improbable se dessinait.

- Il a failli m’arracher une aile…

Le visage du Hunter se figea en voyant la blessure qui à coup sûr avait dû être affreusement douloureuse. Elle replaça la nuisette et lui fit face, découvrant les traces de crocs profondes sur son cou.

- Et m’a presque vidé de mon sang.

Le Hunter grimaça.

- Et ? Après ?

- Tu te doutes bien que je n’étais pas en état pour quoi que ce soit. L’argent dans mon sang m’a sauvé et en entendant les autres il m’a échappé. C’était logique qu’il se retire avec le poison qu’il avait avalé. Je me suis trainé jusqu’ici et tu dois bien comprendre à moins d’être imbécile que j’ai voulu attendre avant de sortir faire mon rapport. Je n’ai trahis personne, j’ai juste lamentablement échoué.

L’homme hocha la tête, il était impossible de douter d’elle avec les preuves qu’elle avait montrées et le ton qu’elle prenait.

- Viens quand même faire un rapport détaillé au maitre quand tu iras mieux… Tu as besoin de quelque chose ?

- Oui t’en fais pas, je connais mon travail. Non j’ai besoin de rien. Bonne soirée.

Elle referma la porte, poussa le verrou et retourna dans la chambre, adressant un sourire au sang pur. Elle était officiellement une traitresse à la guilde.

Assise sur le bord du lit, ses yeux se posèrent sur le ciel nocturne.

- C’est malin je vais plus pouvoir fermer l’œil maintenant…

Son regard dévia sur la boite de somnifères qui trônait sur la table de chevet. Au vue du dosage il y avait de quoi endormir un cheval. Un soupir lui échappa, obligée de se droguer pour dormir… ça attendrait. Se retournant vers Vlad elle lui adressa un petit sourire.

- Je sais bien que tu dois t’ennuyer à mourir ici mais tu devrais rester encore un peu, ils te cherchent.

Désignant le lit elle se releva.

- Tu peux prendre mon lit si tu as sommeil, ce sera plus confortable que le sol…  
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 2 Nov - 14:17





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Calfeutré dans la douleur et l’écoute, Vlad attend. Un mot de travers, la trahison fugace de sa bienfaitrice qui aurait retrouvé la raison. Ou bien un éclair de méfiance dans les babillages de l’importun. Si ce dernier décidait de s’inviter, un refus pourrait paraître suspect. Mais il est impuissant. Captif d’une prison sans barreaux, son sort est de nouveau aux mains de celle qui était venue le chasser. Celle qui hier encore lui offrait l’armistice. Qu’en était-il aujourd’hui. Il attend donc, les sens aux aguets, que tombe la sanction.
Elle ne se fait pas attendre. Le rappel des faits, d’abord le fait doucement sourire. Il revoit le bain de sang, entend les noms de ceux qu’il a massacrés dans le broyeur souterrain. La pensée de les plaindre ne l’effleure même pas, c’était sa vie ou la leur, et eux avaient fait une grave erreur. La rançon d’une querelle infantile qui aurait dû se limiter aux deux protagonistes avait le suave goût du sang injustement versé. L’alarme et la tristesse dans l’annonce du hunter lui laisse délicieusement entendre que le nombre de ceux tombés lors de sa perte de contrôle n’était pas négligeable. Un coup de croc dans les fondations de cette guilde qui s’est élevée contre les Immortels, le joug des Seigneurs de la nuit. S’il en reste, il en reste peu. Et désarmés, désemparés. À l’image de cette Artémis qui accueille dans son antre le fleuret ennemi, sans promesse, sans condition. Un carnage insignifiant. Un tournant crucial dans l’Histoire. Vlad est étourdi d’un vertige à la réalisation de l’ampleur du désastre. Beaucoup soutiendront sa rébellion. Trop peu l’avoueront ouvertement, car la Guilde est sacrée. Intouchable. À l’image de l’ordre des Sang-pur, ils sont les garants d’une paix fabriquée de toute pièce par ceux que la nouvelle génération a oubliés, et n’a que faire, mais s’abîme à la préserver comme le Graal.

Alice revient dans la chambrée. Seule. L’odeur de l’importun visiteur imperceptiblement accrochée sur elle, comme s’il s’était approché, penché, avait hésité à la toucher. Comme s’il l’avait humée, effleurée de son haleine de mâle, subjugué par la vision secrète de la Hunter en tenue de nuit, qui n’aurait dû être réservée qu’à de rares privilégiés.

Vlad n’est pas insensible à ce qu’elle vient de commettre. Trahir son emblème, ses semblables. Il connaît le coût d’un tel acte. Le prix d’un tel choix. Mais ne lui fera pas l’affront de lui dire merci.

Il pénètre dans l’intimité de la chasseuse, visite du regard ce qui lui est donné de voir. La caresse de ses pas sur le plancher frôle les tympans en frottements discrets. Détourne l’attention de celles qu’il porte sans retenu aux arts sobres de la pièce. Il arpente la chambre à la manière d’un fauve qui dompte l’environnement où on l’a enfermé. Sa main à la soie diaphane dérive des boiseries du mobilier pour s’arrimer à la boîte de pilules posées sur la table de chevet. Un claquement sec retentit dans le silence de la pièce alors qu’il ouvre le flacon, porte à son odorat fin les émanations poudreuses des analgésiques. Ce sont là les odeurs, les textures, les couleurs de la chasseuse qu’il s’approprie.
Si ses gestes sont lents, son esprit consume des pensées à toute allure. Il s’approche d’un tiroir à la gueule béante, entrouvert, d’où un coin clair de papier froissé se laisse voir. L’ignore d’abord, y revient, le saisit vivement entre deux doigts lorsqu’il y lit son nom.


Vlad Chinokami, dit Himei, 42 ans. Un point d’interrogation tracé à la main, à la hâte, comme incrédule, surplombe son âge en lettres d’imprimerie. Mère, Séphira Chinokami. Père, Yami Chinokami. Sœur adoptive, Lélyana Chinokami. Son pouce effleure pensivement la rondeur calligraphiée du nom de sa cadette, goûte à la texture granuleuse du papier. Emportant le document en main – car après tout, c’est de lui dont il s’agit – le vampire se retourne, s’attarde scrupuleusement à d’autres détails.

Il dénote l’incongruité du flacon de somnifères, les couleurs plates, les formes inertes. L’absence de vie qui règne ici. Pas de cadre photo sur la planche figée de la table de chevet, pas de dessins d’enfants, de souvenirs, de bordel inhérent à l’activité diurne des mortels. Enfin, si. Ce lit. Son lit de jeune fille. Pièce centrale de la nature morte.

Il s’en approche enfin – du lit – où il a été invité. Sa grande paume se pose à l’endroit où la couverture est dégagée. Un bref sourire convulse ses lèvres. La place porte encore la trace chaude de son occupante qui, quelques minutes avant, y dormait. Tiède, roide. Fragrances douces et féminines de sueur intime, de savons mal séchés. Ses doigts se crispent sur le mélange d’effluves. Légèrement. Il y a un univers de désir derrière ces remulges enivrants. Sa pupille se dilate, son souffle se coupe. Rien ne peut le distinguer plus de celle qui l’héberge, lui que couvrent encore les marques de la guerre, du Monstre en lui, pas tout à fait endormi. Il se calme instantanément. Ses longs cheveux emmêlés dévalent de son épaule noueuse, caressent de leurs pointes le drap blanc. Égrènent quelques éclats noirs de sang, de boue, de vestiges humiliés d’une vie souterraine, qui forment une toile de rappel face à l’œil du Borgne.
Il s’assoit sur le matelas. Les lattes crissent un peu sous son poids tandis qu’il se penche pour arranger l’oreiller derrière ses larges épaules, et confortablement se caler, une jambe repliée face à lui, l’autre pendante sur le côté, le pied posé au sol dans toute l’aise nonchalante des rois. Une bonne clope, voilà qui couronnerait dignement cette trépidante soirée. Mais son dernier paquet doit encore flotter quelques parts dans le caniveau de la rue Montsoubret, face à la poste. C’est là-bas qu’il avait surpris son jeune congénère, qu’il avait tué un ignare gredin, et échappé de peu au cataclysme d’argent des hunters en mêlée. Dans la confusion, il avait senti la lourdeur infime du boîtier de carton, et des deux-trois mèches de poison qu’il contenait encore, lui échapper. Triste affaire, mais la priorité n’avait pas été de les ramasser.

Tout comme elle n’est pas à s’en préoccuper pour le moment. Vlad dérobe à Alice une image aussi intrigante que rare, de son œil unique que ses traits reposés rendent légèrement malicieux. Le bleu de l’étoffe qui la couvre à peine le frappe plus que l’éclat blanc de sa peau. Le déshabillé lascif de la coupe, préservant à mi-cuisse le mystère. L’ingénue trompeuse d’une bretelle qui glisse de l’épaule, se pose sur le délicat renflement d’un sein naissant. Il en avait un souvenir idéalisé, solaire, divin. Il la retrouve plus... petite, adolescente… Humaine au fond, que dans son souvenir, alors qu’elle bondit sur ses jambes graciles pour lui laisser la place.

Le convalescent sourit, grimace de douleur plutôt, et laisse un murmure grave, doucereux, presque un râle, répondre à la jeune fille.
« Tu peux rester, tu sais, je ne vais pas te manger… »

La feuille feule dans sa main sous l’effet d’un courant d’air. Il l’avait presque oubliée. Vlad lève de nouveau le papier à hauteur de son regard, en découvre le reste de son pédigrée. Savoir ce qu’elle comptait découvrir à son sujet par toutes ces recherches ne l’intéressent pas, elle n’est sans doute pas la seule à avoir dans ses tiroirs des données sur les nobles lignées vampiriques qui peuplent encore la planète.

« Qui d’autre sait où tu habites ? »

La question est sèche, impérieuse. Du paragraphe sur son ascendance millénaire, il ne détache pas la prunelle. Un point d’ancrage à sa tourmente, il a l’air pourtant tranquille. De la tranquillité factice qui assèche les gorges, fronce les sourcils, alourdit le regard. Ils le cherchent, oui. Quant à savoir qui des hunters ou des sbires de sa famille le trouveront en premier, l’affaire est entendue pour lui.
Dans un moment d’ivresse, il se redresse. Une vive douleur dans l’abdomen, là où la lame du sabre se contondait la veille, le courbe en deux. Un juron ne peut se retenir tandis qu’il se laisse retomber sur l’oreiller. Main plaquée contre le vert, le jaune et le violet inquiétants qui dessinent en aquarelle incongrue le tracé de la charge traitresse.

Après un temps, quelques soupirs où il retrouve un souffle plus calme, il parvient à articuler.


« Je dois partir... Tu seras en danger... s’ils me trouvent ici... »

À nouveau, il se met à réfléchir à toute vitesse. Une aide doit venir. Et une aide viendra. Pour le libérer, pour la libérer, de lui, et de l’opprobre qu’il a levée sur son charmant petit logis.






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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 9 Nov - 20:49

L’ange observe le petit manège du vampire. Il s’octroie un petit tour du propriétaire et n’a aucune gêne à fouiller un peu dans ses affaires. Haussant un sourcil elle note la manière dont il s’affale sur le lit comme s’il était chez lui. Les sangs purs et leur arrogance… Mais il a aussi cette prestance que peu peuvent se vanter d’avoir naturellement. Ignorant la proposition sous entendue de rester sur le lit elle se saisit du flacon de somnifères pour le ranger dans le tiroir de la table de chevet. Bientôt elle devra se fournir chez un vétérinaire pour avoir des dosages plus forts si ses insomnies persistent.

Le ton autoritaire avec lequel il posa la question agaçe l’ange qui récupère d’un geste sec la feuille qu’il avait dans les mains pour la remettre à sa place et fermer correctement le tiroir.

- Le maitre et quelques personnes de confiance. Mais je ne reçois que très rarement de la visite si c’est ce qui t’inquiète.

Le noble vampire se redresse, avant de pester et de se rallonger, soumis à la douleur qui l’écrase. La Hunter hausse un sourcil, un petit sourire étirant un coin de ses lèvres. Elle ne se moque pas de ses blessures, mais de sa fierté qui en prend un coup, la grimace qui étire son visage alors qu’une minute plus tôt il prenait un ton impérieux.

De son pas léger elle ouvre la double porte qui mène au balconnet, sortant prendre l’air frais, accoudée à la rambarde. Aux dernières paroles du vampire elle se fige et se retourne lentement. Son regard bleu se posant sur l’infirme alors que ses reins viennent s’appuyer à la rambarde.

- Ma sécurité t’inquiète ?

L’ange est incrédule, jamais elle n’aurait pensé qu’il s’inquiète pour elle. Mais une réalité la frappe de plein fouet. Un rire nerveux lui échappe alors qu’elle lui tourne à nouveau le dos, reposant ses coudes sur le rebord pour observer le ciel nocturne.

- Je suis déjà en danger Vlad, et ta présence ne changera pas grand-chose.

Sa voix est basse mais elle sait qu’il l’entend, elle n’est pas si loin.

Un long silence s’étire, les pensées de la jeune femme défilent. Les mots de son collègue résonnent dans sa tête « c’est une hécatombe », les cadavres jonchant le tunnel, à côté desquels elle était passée sans y prêter davantage attention, lui reviennent en mémoire. Des dizaines de Hunters ont perdu la vie ce soir-là, des innocents envoyés à l’abattoir pour une querelle personnelle, à cause de sa colère non maitrisée.

A cause d’elle.

Ses yeux se posent  sur ses mains, son visage a perdu son masque froid et assuré. Ses mains sont couvertes du sang de dizaines de personnes. Pourtant elles sont toujours blanches, elle n’en reste pas moins responsable. Une goutte d’eau salé tombe sur ses doigts, suivie d’une autre, et le défilé des larmes commence alors qu’Alice réalise ce que cela implique. La douleur qui s’immisce dans son dos le confirme, comme par habitude elle ramène ses cheveux sur son épaule, dévoilant un entrelacs de lignes courbes sur sa peau dépassant de sa nuisette, le sceau apparait, signe qu’il va probablement s’ouvrir.

Lors de la pose du sortilège on lui a temporairement pardonné colère et haine car elle avait des circonstances atténuantes, enfin, surtout de bons arguments. Maintenant elle porte la responsabilité de nombreuses vies écourtées. Tout ça pour quoi ? Pour avoir suivi son cœur ? Pour avoir… aimé ? Aimé au point de se laisser submerger par ses émotions… Mort, amour, désir probablement aussi, cette fois il n’y a pas de sursis à espérer. C’est terminé, ses actes ont signé sa fin.
Lentement elle se retourne, ses joues sont couvertes de larmes et son visage traduit le chaos qui règne dans son esprit. Relevant lentement les yeux vers son invité.

- Si les Hunters apprennent, un petit meurtre maquillé en suicide, une Hunter sans amis ni famille, personne pour la pleurer, c’est réglé.

Ses pas lents l’emmènent vers le lit où elle se laisse tomber assise, juste à côté de lui, le regard dans le vide.

- Le sang de dizaine d’innocents… J’ai la responsabilité de la disparition de tous ces chasseurs qui ont trouvé la mort à cause de ma vengeance puérile. Les cieux ne me le pardonneront jamais… Sans compter que s’ils m’ont toléré haine et colère, ils ne me pardonneront pas l’amour et le désir…

L’aveu ne la trouble même pas. Il serait stupide de nier ça alors que la fin approche. Stupide de nier qu’elle l’a désiré, de nier qu’elle l’a sauvé en trahissant son peuple et sa guilde, preuve que son attachement porte un nom.

Lentement elle se tourne vers lui, un sourire éclaire son visage, contrastant avec ses larmes. Un sourire sincère bien que triste.

- Tu peux bien rester là le temps de te remettre un peu, tu ne me mettras pas en danger Vlad, j’ai déjà signé ma fin.

Lentement elle se penche vers lui, ses mèches d’ébène venant caresser la joue de l’infant avant que les lèvres douces de la future déchue ne se posent sur les siennes. Profitant d’un baiser moins chaste que les précédents qu’elle lui a offert. A quoi bon se retenir, elle est condamnée. Elle s’y attarde, attrapant brièvement la lèvre inférieure de Vlad entre ses dents, pour finalement s’écarter.

- Si tu pars maintenant, que tu es retrouvé et abattu, j’aurais fait tout ça pour rien…

Une grimace fige son visage, les lignes du sceau sont noires, comme un tatouage sur peau, et la douleur s’est intensifiée. Serrant les poings l’ange tente de calmer le phénomène, les traits palissent puis foncent, oscillant au grès de la volonté de l’ange et de celles de ses ailes qui veulent se déployer.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 13 Nov - 12:11





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Le maître, et quelques personnes de confiance, se répète mentalement le vampire. Trop de personnes, trop de confiance, traduit-t-il, l’expression résignée. Vlad accroche du regard tout ce qu’il peut voir autour de lui, redécouvre aussi son corps et ses nouvelles douleurs, sentant toujours le poison couler en lui, ronger ses chairs de l’intérieur. L’épiderme a été le premier à guérir, mais ses organes luttent encore, lutteront longtemps, il le sent, et cela lui arrache un léger grognement.
Le fauve montre les crocs. Contre son infirmité. Contre celle qui le retient captif. Contre celle qui le nargue aussi, lui ouvrant grand les portes de la nuit en insidieuse invitation à se plonger dans le drap d’ombres où il appartient. L’Inconsciente, accoudée au rebord, ne réalise pas, refusant d’abord l’égard de son visage au regard de l’amante sélénique, qu’elle s’avance par mégarde sur un chemin périlleux… La complainte se perd dans un chant saumâtre. Quelque part au loin, un son de cloche sonne trois fois. L’heure la plus lourde de la nuit, une main visible qui appuie sur les nuques pour les étouffer dans le sommeil. Les mortels qui luttent ne sont déjà plus eux-mêmes, ceux-là lovés dans les bras d’un caniveau, celles-ci échevelées dans des sous-sols sordides. Et il y a ceux que la confidente Nocturne révèle. Comme cette ange, offerte au regard impudique de la créature de débauche et de plaisir éphémère qu’elle accueille sous son toit. D’un regard attendri, le prince de la nuit écoute livrer ses terribles méfaits, sa culpabilité infinie, sa peur, sa terreur même, de voir la colère des Cieux s’abattre sur elle. Il y a quelques mois de cela, il en aurait souri.


La bouche qui épouse la sienne a le goût salé des larmes et du désespoir. Plus rien ne compte, lui dit-elle, en s’agrippant à lui comme à une corde de survie. Tout est fini, entend-il dans ses suppliques dévorantes, alors qu’elle l’assaille avec une fougue qu’il ne lui connaît pas.
Le froid qui s’empare de lui alors qu’elle s’éloigne a la nauséabonde saveur de l’abandon. Vlad n’écoute pas. Son œil orphelin est possédé par le festin de douleur et de tristesse qu’elle lui offre. Il la veut. L’avoue, dans son corps qui se rapproche à nouveau.

Délicatement, les grandes mains du vampire s’emparent du visage de la jeune fille comme d’une coupe, d’un graal. Pour puiser une jouvence nouvelle à la source même de ses chastes lèvres, il plonge la sienne, fendue et encore tâchée de son effluve arrachée, dans cette bouche tremblante. Ses mains tombent sur les épaules, presque dénudées, qui se contractent au cuir de leurs paumes, rêches et calleuses, d’homme de combat, gainées par le port des armes. Ses doigts s’entremêlent habilement dans les fines lanières qui retiennent à peine le vêtement, les repoussent le long des bras de la belle, et la douceur de sa peau lui rappelle la propre rugosité de la sienne. Se saisit, enfin, de ses poignets, si frêles et si friables qu’il pourrait les briser rien qu’en refermant sa poigne. Et il tombe en avant. Il s’abat sur elle, comme le Croyant ploie devant une déesse, comme le fauve bondit sur sa proie. Dévoué à sa langue fruitée qu’il ne cesse de réclamer. Sa paume s’insurge entre les omoplates de celle qui se tend sous lui, étend ses longs doigts osseux contre les branches arquées du sinueux pentagramme qui pulsent de plus en plus fort, comme pour le repousser, le rejeter, se débattre contre la caresse trop famélique, le baiser trop intrusif. Il l’arrache de terre pour que ses formes de femmes épousent la dureté des siennes. Sa main libre tient encore le poignet angélique comme le manche d’une dague levée au-dessus de sa tête, enfoncée dans l’étoile du drap. La lâcher maintenant serait comme la livrer lui-même aux griffes de ses bourreaux

Soudain, le monde bascule. Une lumière plus éclatante que le soleil se jette à la vision du vampire qui feule sous la douleur. Le jour se lève sur lui sans qu’il ne puisse se cacher… Et il ne se cache pas. Ne peut détacher son regard écarquillé de surprise de tant de beauté, tant de majesté qui retombe en voile de douceur autour d’eux, les enferment dans un cocon de plumes plus soyeuses que la plus riche des soies. Les ailes de l’ange se sont dressées finalement, prédatrices et gibiers à la fois, avalant d’une bouchée le vampire qui enfouit son visage contre la gorge de la Divine, crucifié par leur trop brillante pureté. Dressées vers le ciel en signe de supplique, implorant leur merci, un répit pour leur jugement qui semble pressé de s’accomplir, et gronde à l’image de ce ciel qui se noircit, se durcit, fait tomber sur la ville une pluie grasse et revêche. L’orage a tôt fait de faire sonner son plus menaçant glas, et les battants du balconnet vibrent dangereusement dans leur chambranle de bois.

Vlad se redresse au-dessus d’elle. À travers les mèches humides de ses cheveux, il embrasse de son regard la Condamnée. Celle qui a débarqué dans sa vie pour la lui pourrir, menacer ouvertement les siens, le défier, le déposséder de sa liberté… D’un coup sec, un poignard à lame recourbée frémit hors de son fourreau. Celle qu’il aurait mille raisons d’achever avant son heure.
Celle qui a vu le monde se renverser sur elle, ses pêchers enfin révélés, ses actes dignement ponctués de leurs désastreuses conséquences. Celle enfin, pour qui il ne nourrit plus d’ire, qui a su balayé sa rancœur d’une caresse de plumes. Le métal hurle à l'agonie en rencontrant le sol... Pour celle qui a plongé bien plus profondément que quiconque dans la spirale infernale des passions, qui s’est vue morte bien avant d’être condamnée. Qui courait maintenant, à bride abattue, vers un abattoir créé pour elle, à elle. Le jour du jugement est enfin arrivé…
« Justice… » Son souffle s’empare de son oreille, précédant ses dents qui se referment doucement sur le lobe frais. Funeste sentence, qu’il prononce comme une délicieuse promesse.






Dernière édition par Vlad Himei le Mar 24 Nov - 6:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 20 Nov - 18:15

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L’ange ne sait plus si elle doit rire ou pleurer, se laisser tomber ou rester encore debout. Les émotions se mêlent dans une cacophonie insupportable. Elle est libre, il reste peu de temps mais à présent elle a le droit de vivre comme elle l’a toujours voulu. Pas le temps de construire quoi que ce soit mais juste de profiter. Pourtant l’idée que sa fin arrive déjà l’angoisse, lui donne envie de se rouler en boule et ruminer ce qu’elle n’aura pas pu faire. D’un autre côté une petite voix lui souffle qu’elle doit se battre jusqu’au bout, comme elle l’a toujours fait, et se relever encore et encore jusqu’à la fin.

Mais le cours de ses pensées s’interrompt quand les grandes mains de Vlad attrapent son visage, on peut y lire la surprise de le voir en redemander ainsi. Mais rapidement, ignorant la douleur imposée par le sceau, Alice lui rend ses baisers avec envie. Comme si pour la première fois elle s’abandonnait pleinement à ses désirs, à ses envies, aux bras de celui qui a été son ennemi, mais aussi celui qui lui a appris à vivre. Ses lèvres goûtent et regoûtent leurs homologues, sa langue aussi les découvre, jouant avec curiosité avec le bijou qui transperce celle du vampire. C’est amusant tous ces gens qui percent leurs oreilles, leur langue ou d’autres parties de leur corps, elle n’a jamais connu que les lames pour percer sa peau, et les crocs.

Elle frissonne sous les doigts qui ont pourtant déjà parcourus sa peau. Les bretelles glissent dans un bruissement d’étoffe, laissant voir son buste dénudé. La nuisette retombe sur ses hanches, dévoilant  une petite parcelle de dentelle finement travaillée, de la lingerie fine et délicate assortie à la tenue de nuit. Elle n’a pas honte et ne cherches pas à libérer ses poignets de son emprise. Se laissant tomber sur les draps quand il l’y entraine. Les paupières closes elle serre les dents, le sceau tiraille douloureusement, les doigts du vampire qui y glissent lui arrachent tout de même un frisson. C’est étrange comme cette douceur, cette caresse, peut faire oublier un instant la douleur.

Sous la pression de cette main ferme le dos de l’ange s’éloigne du drap, se cambre pour venir contre lui. Un soupire lui échappe alors que son buste nu épouse son torse, ce contact avec la peau fraiche du vampire semble pourtant dégager une certaine chaleur. Elle passe son bras libre derrière la nuque du vampire, la douleur s’intensifie et un long gémissement s’échappe des lèvres de la condamnée alors que ses ailes se déploient enfin. Un cocon de plumes soyeuses les enveloppe. Blanches, immaculées, quelle ironie qu’elles soient protégées par le sceau contre la noirceur alors que leur existence se mesure en jours, semaines au plus.

La douleur est vive, le goût ferreux du sang, à présent trop familier, envahis sa bouche. Des doigts fins se glissent dans les cheveux du vampire alors qu’il protège ses yeux de la surprenante blancheur qui les entoure. Mais la luminosité baisse quand l’orage éclate, moins de lumière venant de l’extérieur pour se refléter sur le plumage divin. Une larme roule sur le long de la tempe de la Hunter, du sang s’y est mêlé et laisse une trainée rouge pale avant de se perdre dans ses mèches brunes. Elle-même ne sait pas bien si c’est à cause de la douleur ou de l’étrange sentiment qui l’envahis. Cette étreinte, ces baisers, cet instant à le goût amer des adieux.

Le bruit de la dague lui arrache un mince sourire et ses prunelles améthyste se plongent dans l’œil unique alors que sa main glisse sur la joue de l’immortel en une douce caresse. Ainsi soit-il, la guerrière n’a plus vraiment l’envie de se battre, s’il souhaite en finir qu’il le fasse. La surprise se lit sur ses traits lorsque l’arme touche le sol. Un seul mot soufflé au creux de son oreille lui arrache un frémissement. Un soupir bien audible lui échappe alors que les dents se referment sur son oreille. Un frisson la parcours, glissant le long de son dos et de ses ailes dont les plumes frémissent aussi.

- Tu as… une manière bien étrange de te venger…

Un effleurement le long de son aile, accidentel sûrement, lui arrache un gémissement dont elle-même s’étonne. Ainsi donc ses attributs angéliques sont aussi sensibles au plaisir qu’à la douleur ? Plus peut être…

-Je ne pensais pas que nos ailes étaient si sensibles…

C’était si paradoxal, le plaisir est proscrit chez les anges mais leurs ailes sont probablement la partie la plus sensible de leur corps.

Les lèvres de la jeune femme retrouvent celles de son ennemi, de son allié, au fond elle n’a jamais su et ne saura probablement jamais. Tout contre ses lèvres l’aveu tombe dans un murmure.

- Puisque c’est un adieu, je voudrais être tienne…

Connaitre une fois un instant d’abandon dans ses bras, un moment où il n’y a plus ni ange ni chasseuse, juste la femme qu’elle a toujours ignoré. Laissant justement la femme s’exprimer, elle se redresse, ses lèvres offrant un baiser franc. Sa poitrine tendre se presse contre le buste ferme de l’homme au-dessus d’elle. Sa peau douce et chaude tout contre la peau fraiche du prince de sang pur. Cette situation lui semble si normale, comme si c’était écrit que ça finirait ainsi, lors de leur première rencontre déjà elle avait fini par goûter au désir. A chacune de leurs rencontres ce sentiment avait grandi. Et ceci était leur dernier moment avant qu’elle ne rejoigne les fantômes de son passé. Une fin logique, prévisible.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mar 24 Nov - 16:49





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Le masque de la Chasseuse s’est déchiré sous ses crocs. Celui de l’Ange a été délicatement effeuillé par ses caresses. Ne reste que la Femme, en effet. La Femme nue entre ses bras, la Femme qui courtise le mâle, qui use à merveille de tous ses charmes, exalte ses courbes contre son corps d’Homme tendu comme une corde. L’iris reptilien du vampire s’affine, prend la teinte de l’argent – ou de la pluie – tandis qu’il la voit, à présent, comme une femme, inspire la saveur camphrée de sa féminité exacerbée, réalise l’ampleur de son désir, désir qu’il a toujours tu. Pour préserver l’Ange. Désir abrasif qui le ronge à cet instant bien plus que la Soif, plus que le Poison.

Et c’est un poison qui fuit de la gorge de la mourante, au fil de ce sang tari. La paupière orpheline de Vlad se couche de moitié. La Femme qui s’offre, se livre dans son moindre appareil. Vulnérable. Écrit son testament à l’encre de ses larmes, à la pointe soyeuse d’une de ses plumes tombées, au trésor d’une lamente lui livrant sa dernière volonté. Désirable.

Et un râle rauque de brûler contre la gorge de cette femme aux portes de la Mort...


« Qu'il en soit ainsi… »

Brusquement, il se lève. Enserre d’une main rude, irrévocable, le bras angélique et arrache Alice à son lit virginal. L’étoffe bleue nuit qui la couvrait encore termine sa course le long de ses jambes fuselées, abandonnée près du poignard que le Corsaire ne réclame pas. Avalant d’une vive enjambée les quelques mètres le séparant de la baie vitrée, ce dernier en ouvre furieusement le battant avant d’entraîner la jeune fille avec lui sur le balconnet, les livrant aux assauts de la nuit en colère.

La mer de nuages étend ses volutes bleues sans fin face à eux. L’air est électrique, le souffle âcre, mâtiné de la fragrance dérangeante d’une essence gangrénée. La pluie s’abat en centaine de dards glacés sur leurs peaux à nu, léchant les bras et le torse du vampire qui enferment la Condamnée contre lui, dos à lui, de sorte que lorsque ses mains retrouvent les poignets de la belle pour les nouer derrière sa nuque, qu’elles s’attardent entre ses plumes pour les lisser jusque à la pointe, toute l’étendue du corps nubile est offert en décadent spectacle au déchaînement céleste, sans frontière avec la mer nuageuse qui se déchire ci et là en fractales de lumière.

L’orage gronde lorsque la bouche du vampire épouse l’arc de l’épaule blanche et fine de la Divine, rugit alors que le bijou de sa langue dessine une tranchée humide le long du muscle de l’aile. Éclate de fureur en voyant des mains pâles et profanes conquérir les contrées jamais explorées de l’être de pureté. Et tandis qu’il la dévore, la savoure, la cambre dans les limbes d'un indéfinissable plaisir au gré de ses sévices charnels, voraces aussi, il défie le Ciel. De son œil insolent, il les défie de s’opposer à l’Horreur de leur Délice, il les défie de s’interposer dans la Sacralité de leur Abandon.

Vlad amène l’Ange, toujours piégée dans ses bras, à lui faire face. Il soutient son regard, bleu et humide, de larmes rouges qui se mêlent aux crues célestes et fondent dans ses mèches brunes, ses plumes alourdies d’eau.
Il y a plus de mots dans ce regard fiévreux que dans mille déclarations. D’une main autoritaire, il presse son bassin contre lui, lui fait goûter à l’incandescence de ce qu’elle a provoqué. Il est brûlant, le Vlad, mais ce n’est plus la même fièvre qui l’assaille. Ses doigts s'insinuent sous la dentelle délicate, glissent à l'orée de l'aine, laissent tomber le dernier bastion des défenses de la jeune femme.

Tendrement il l’embrasse. Ses lèvres qui l’ont réclamée si ardemment se pressent à présent doucement contre les siennes. Avec douceur encore, il ploie. Étend les attributs angéliques contre la rambarde d’acier comme on dépose l’Agneau sur l’autel sacrificiel. D’un bras il la soutient contre son torse qui folâtre avec les pointes érectiles de ses seins. Il ne cesse ses baisers lorsque, lentement, sa main invite les hanches graciles à épouser ses reins.

Puis il s’empare d’elle.

Dans un énième grondement du Ciel. Avec la tendresse et la fougue d’un amant. Il pénètre ses chairs de l’ampleur de son désir. Sacrifie son siècle de Sainteté à la faveur d’un Plaisir interdit, d’une Douleur sucrée. Ses lèvres lui rendent son souffle, plonge dans le carnage de ses cheveux pour y trouver sa gorge, l’embrasser, écrire d’une expiration lourde les syllabes mélodieuses de son nom. Et d’y mordre profondément, en un soupir plaintif et affamé.
L’argent jaillit à son palais. Du moins le peu qu’il en reste. C’est ce qu’il veut, ce qu’il cherche. Extraire de ce corps qu’il fait sien le Métal tueur. Et y goûter encore, au dernier Sang. Au Sang mourant, qui n’aura plus jamais la même saveur après avoir succombé au plaisir de la chair. Il le sent en lui, enfin, happer sa gorge et remplacer l’acidité venimeuse. Livrer ses secrets de jouissance et de terreur mêlées, appeler son nom, le réclamer. Hurler à l’aide aussi. Il sait tout. La voit toute entière, entend son cœur battre comme il le sent pulser.
Alors qu’il s’arrache de sa morsure, ses lèvres rougies signent leur forfait d’un épitaphe glacé.


« Tu es à moi. »

Et que les Cieux tout entiers lui soient témoins.



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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Jeu 26 Nov - 12:51

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L’ange sourit devant ce regard qui semble exprimer autant de désir qu’elle en ressent elle-même. Un frisson la parcours lorsqu’il accepte, sa voix grave sonne comme l’aveu d’une envie longtemps cachée, la promesse d’un adieu inoubliable.

Un petit cri de surprise lui échappe quand il se lève et l’entraine, elle ne comprend pas ce qu’il compte faire. Le tissus glisse sur ses jambes et échoue par terre sans qu’elle y prête attention.

- Vlad ?

L’ange n’est pas inquiète, elle n’a pas peur, mais cherche à comprendre. Il semble en colère, pour quelle raison ? Il l’entraine sur le balcon et la pluie glacée la saisit, un frisson de froid la parcours d’abord, instinctivement elle colle son dos contre le torse du vampire en quête de chaleur. Les doigts frais parcourent ses plumes, de nouveaux frissons la parcourent, mais il n’est plus question de froid. Les mains de la condamné le cherche, glisse sur sa nuque alors qu’elle pose la tête sur son épaule, ses doigts se faufilent entre ses mèches. Le tonnerre couvre le son de sa voix qui se fait entendre en délicats soupirs.

Le ciel semble furieux à chaque fois qu’il la touche. Et elle comprend, il choisit cet endroit pour qu’ils voient l’une des leurs les trahir. Il provoque les cieux. Est-ce par orgueil ? Pour voir leur réaction ? L’ange n’en sait rien et s’en moque, le ciel peut bien hurler sa colère qu’elle n’y fait déjà plus attention. Son esprit est ailleurs, focalisé sur les sensations que lui procurent ces mains qui parcourent sa peau, ces lèvres qu’elle apprécie tant lui arrachent de délicieux frissons. Soudain l’avertissement grondant des cieux lui semble bien loin, seront-ils plus cruels après cette ultime offense ? La douleur sera-t-elle pire encore ? Peut-être abrègeront-ils sa souffrance pour s’assurer qu’elle n’y survive pas. Mais qu’importe, la sentence tombera et n’occupe plus ses pensées.

Elle se tourne vers lui, jamais elle ne lui a vu une telle expression. Et les yeux améthyste soutiennent ce regard tout aussi fiévreusement. Il l’attire à lui, la peau brûlante de l’ange vient le réchauffer alors qu’elle saisit son visage pour l’embrasser, ses dents finissant par attraper sa lèvre inférieure avec un air provocateur. Il finit de la mettre à nu et leurs lèvres se retrouvent comme si elles ne devaient plus se quitter. Les ailes sont offertes au ciel comme une offrande, un mince sourire étire les lèvres de la jeune femme.

- Qu’ils les reprennent je n’en veux plus.

En a-t-elle jamais voulu ? Instinctivement Alice noue ses jambes autour de lui, ses bras déjà autour de sa nuque. Les cieux gronde leur colère quand il la fait sienne. Elle se tend et pose son front contre le sien alors qu’une plainte lui échappe. Perdre sa vertu n’est pas une douleur désagréable, mais celle qui s’abat sur ses ailes lui coupe le souffle un instant. Le temps de se reprendre les lèvres affamées se font déjà sentir sur sa gorge. L’argent meurtrier coule encore dans ses veines, la chasseuse tente de le repousser, il en a déjà assez souffert. Mais ses gestes vont à l’opposé de ses intentions, ses doigts enfouis dans la chevelure brune  de son amant l’incite à mordre sans attendre. Un gémissement satisfait lui échappe. Les crocs tant redoutés sont à présent tant désirés. Les soupirs de l’ange se perdent contre l’oreille du vampire. Cette dernière finissant entre les dents inoffensives, tendrement maltraitée.

Les mots de Vlad sonnent comme une évidence, elle sourit, elle est sienne, corps et âme.

- Jusqu’à mon dernier souffle.

Touchante promesse si cet instant n’était pas si proche. Il lui semblait plus tôt dans la soirée qu’il lui restait quelques jours, à présent elle sait que les cieux n’attendront pas pour punir cet acte. Elle s’empare des lèvres de son amant, exprimant tout son désir, tout le plaisir, mais aussi toute la peine et la frustration qu’il y ait une fin. Que ces adieux ne puissent durer davantage. Demain il lui faudrait oublier, oublier qui elle est, oublier qu’il l’a connue. Elle n’effacera pas ses souvenirs, ainsi il pourra se souvenir qu’il a sauvé une ange de sa triste vie.

- Jure-moi que tu ne me regretteras pas…

Elle ne veut pas de larmes, pas de réponses à ses sentiments. Elle ne veut pas être pleurée, partir en laissant quelqu’un qui s’en attriste ne serait pas partir en paix. Elle ne souhaite cette peine à personne. Juste qu’ils profite de cet instant, qu’elle s’en aille en le savourant, et que lui garde ça comme un instant d’abandon, comme une conquête parmi tant d’autres.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 27 Nov - 11:11





Enterrer la hache de guerre
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« Ferme-la… »

Le plaisir hache sa tessiture indolente. Vlad joint le geste à la parole en plaquant une main impérieuse contre cette bouche gémissante. Son index force les lèvres humides, récolte une salive chaude et pleine d’aveux. Le doigt termine sa course contre la gorge mordue, mélange à l’hémoglobine l’écume volée sur toute la longueur du buste. L’Alchimiste est fasciné par les centaines de nuances qui naissent sur la peau lactée, du bordeaux à l’orangé, du roux à l’ocre frémissant, que la rincée de pluie a tôt fait de laver.
Vlad empoigne brusquement l’acier de la balustrade, à défaut du cou de la chasseuse. Le balcon geint sous ses coups de reins criminels, pour qui la fureur céleste se déchaîne.

Il a voulu cette femme comme il n’a jamais désiré personne. Maintenant qu’il la possède, qu’il obtient ce qu’il veut, il ne comprend pas la frustration, l’insatisfaction qui l’incite à la vouloir toujours plus. Lui, être de débauche et d’abjection, qui est-il pour prétendre s’opposer à la volonté divine. Il lui semble que c’est la Vertu personnifiée qu’il souille de sa noirceur, de son désir défendu. L’espace d’une seconde, Ils ont gagné. Il se rend à l’évidence, ce sont Eux qui avaient raison. La blancheur de ces plumes n’aurait jamais dû être altérée. Alice est belle, parce que pure. La désirer est dans l’ordre des choses, mais l’obtenir, c’est briser un tabou millénaire.
Elle ne sera jamais totalement sienne tant que ces ailes défigureront son dos. Et tandis qu’il la comble de son amour encombrant, il en vient à rêver de les voir faner. Voir les plumes se flétrir, tomber. La libérer.



« Rien… » Grogne-t-il entre ses crocs maculés. « Il n’y aura… rien.. à regretter. »

L’orage éclate une nouvelle fois comme pour le contredire. Un éclair jaillit à quelques mètres de là, brisant l’aiguille paratonnerre d’une église qui s’effondre au sol, loin en bas, éparpillant des dizaines d’êtres venus célébrer la nuit comme des fourmis s’écartant d’un doigt moqueur.

Les amants l’ignorent, comme leur sort indiffère le reste de l’île. Vlad tout à son labeur sent monter en lui le paroxysme. Il voudrait que toute cette énergie suffise à faire changer le destin. Que tout ce déluge de plaisir les illumine, enfin, qu’ils comprennent que c’est inutile, qu’ils ne pourront jamais contrer la tentation.


« Alice… » Appelle-t-il tout contre les lèvres soupirantes de son Adorée, son souffle métallique emporté par le vent jusqu’aux tréfonds de la cité angélique. Alice, un nom si doux pour un tempérament de feu. Alice, un bastion de désir aux pieds d’une sépulture. Alice, que la torture s’arrête, que le monde sombre pour ces quelques lettres qui le résument, à cet instant.
La délivrance arrive enfin. Dans un râle grave, le vampire se sent emporté dans un ballet de frissons délicieux. Son noble visage cherche du réconfort contre la douceur pêche des seins de l’Ange, moites de sueur et de pluie. Ses bras la serrent plus fort contre son torse soulevé de puissantes respirations. Il a chaud, malgré le froid. Est chaud, que ce soit du fait de la fièvre ou de l’orgasme, et sent la frêle chasseuse frissonner à présent que l’excitation retombe.

Les Cieux aussi semblent s’être résignés à l’inévitable, et comme le début d’un deuil, rendent aux nuages leur voile de nuit. Les quelques rares éclairs fusent encore au loin, mais la teneur de leur colère ne leur parvient plus.
Vlad se redresse, emportant dans l’enclave de ses bras la Déchue aux ailes pantelantes et fatiguées. Il revient au lit où il emmitoufle Alice dans sa couverture, puis s’y glisse à son tour après avoir refermé la fenêtre, et récupéré son poignard...

Comme un mauvais et lointain souvenir, il sent l’argent nouvellement absorbé refaire chemin dans son organisme. C’est moins douloureux que la première fois, songe-t-il moins urgent surtout, que les pensées qu’il a pour celle qui somnole dans ses bras.
C’est peut-être la dernière fois qu’il la voit. L’idée ne cesse de se répéter dans sa tête. Il grimace en sentant le métal mortel ronger ses organes. Il doit y avoir un moyen. Réfléchir est de moins en moins évident à mesure que le jour affleure, et que sa guérison exige toutes ses forces. Partir chez les vampires, maintenant. Elle y serait en sécurité… si toutefois ils acceptaient de les accueillir… Ses doigts blanchissent sur le manche en cuir de l’arme, mais finissent par se relâcher.
Vlad s’allonge pour enlacer son amante. Dans un dernier sursaut de conscience, il ne peut s’empêcher d’explorer la douceur de ses ailes, ces porteuses de malheur qu’il aimerait arracher lui-même. Il ferme la paupière, s’empêcher de penser au lendemain, qui ne viendrait peut-être jamais. Ses jambes encombrées de son pantalon trempé s’entremêlent avec celles de la jeune fille.
Les deux jeunes gens s’endorment ainsi dans leur dernière étreinte, les hanches encore léchées des sucs conjugués de leur jouissa
nce.

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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Ven 27 Nov - 23:45

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L’ordre est suivi d’une main plaquée sur ses lèvres. Surprise d’abord elle obéit néanmoins et se tais, suivant le tracé coloré qu’il dessine sur sa peau. Il semble fasciné par son œuvre que la pluie efface déjà. Il y a tant de choses qu’elle voudrait lui dire, mais plus un mot ne sort de ses lèvres, seuls ses gémissements qu’elle ne peut retenir. La vérité ne tarde pas à se faire entendre. Les yeux améthyste se ferment. Oui, aucun regret, elle disparaitra comme une ombre, ne laissant rien ni personne derrière elle. Dans quelques temps personne ne s’en souviendrait, ou que vaguement. C’est mieux ainsi, elle avait tant souffert de rester alors que ses proches partaient.

Un frisson la parcours en entendant son prénom ainsi, elle voudrait tant pouvoir l’entendre encore et encore. Puis elle perd pieds en même temps que lui, un plaisir qui occulte toutes ses pensées. Il la serre contre lui et la déchue glisse ses mains dans ses cheveux, si cette étreinte pouvait durer encore… Le froid de la pluie commence à la saisir comme pour la rappeler à la dure réalité. Il l’emporte dans ses bras et pour la première fois elle ressent le besoin d’une telle étreinte, blottie contre lui elle laisse Morphée l’emporter au royaume des songes.

Une caresse douce effleure sa joue pour la tirer de son sommeil. Elle reconnait son aura avant de voir son visage. Lentement elle ouvre les yeux pour découvrir ses traits, éternellement jeunes, encadrés de longs cheveux argentés. Raphaël a toujours incarné cette beauté pure des anges. Il a un sourire si triste, il s’éloigne et sort de la pièce pour la laisser s’habiller. Doucement la jeune femme se libère des bras de son amant, sort du lit sans le réveiller. Au fond de son armoire se trouve une robe, blanche immaculée, dos nu pour ne pas gêner ses ailes, nouée sur la nuque. Le vêtement est tout simple, c’est ce qu’elle portait là-haut. Les sceau n’a pas réussi à se replacer, trop occupé à empêcher la noirceur de couvrir ses ailes.

Les mains blanches se saisissent d’un petit coffret d’ébène, sculpté finement. Puis attrapant une plume du bord de l’aile, une grande, elles sont plus belles au bord, elle l’arrache. La mâchoire tendue elle recommence, déposant les plumes dans le coffret. Il est refermé qu’une fois remplis, puis déposé à côté du vampire endormi pour qu’il le trouve à son réveil. Un bout de papier tranche avec le bois sombre, la calligraphie délicate d’Alice y laisse les explications.

« Si elles ont une quelconque valeur tâche d’en tirer un bon prix. Elles semblaient plaire à ton ancienne capitaine, peut être pourra-t-elle envisager de te reprendre à son bord…
Prend soin de toi. »

Sans bruit elle sort de la chambre et rejoins l’archange au salon.

- Tu es venu en avance pour me dire au revoir Raphaël ?

Un air désolé brouille son beau visage.

- Il y a des choses que tu dois savoir… A propos de ta naissance.

La condamnée s’assoit.

- Depuis le temps…

Et il lui raconte comment une expérience visant à faire naitre des anges qui ne seraient pas des créations divines a vu le jour. Une ange au don d’empathie puissant, un ange guerrier, et la science médicale des humains. Pas de péché de chair, l’ange encore chaste vit son ventre s’arrondir.

- Mais il y a eu quelque chose d’imprévu… Il n’y avait pas un enfant, mais deux. Une fillette capable de ressentir une multitude de sentiments, une fillette au cœur humain, et un garçon au don d’empathie très puissant.

Devant l’expression de la chasseuse il reprend.

- Mais une vision de la mère a fait peur à tout le monde, les jumeaux sont très fusionnels, émotions et empathie sont un mélange… détonnant. Elle vous a vu vous dresser contre les cieux. Il fut donc décidé que vous seriez séparés, Ezekiel est resté pour être formé, et est devenu ange guerrier, et toi… Tu le sais déjà.

Ces révélations la troublent mais elle se reprend rapidement quand d’autres anges font leur entrée, au vu de leur carrure et de leur harnachement, ce sont des guerriers. Ils sont quatre, sourcils froncés elle les toise, autant pour une seule personne ? Quand la porte de la chambre s’ouvre et que deux d’entre eux saisissent le vampire elle comprend.

- Relâchez-le ! Cette histoire ne le concerne pas, c’est une affaire d’anges ! Laissez-le partir !

Le dernier invité de cette charmante fête fait son entrée, un archange, le visage dur, froid, inexpressif, tout ce qu’elle déteste chez les anges. Celui-là même qui l’a jugé quelques années auparavant.

- Il a défié les cieux, il mérite au moins d’assister à ta chute.

Le sang de la Hunter ne fait qu’un tour. C’est lui qui a mené l’expérience, c’est lui qui l’a envoyé sur Terre, lui encore qui a ordonné que l’existence de son frère lui soit caché. Lui aussi qui se permet d’envoyer ses hommes toucher au sang pur. Le katana sort de son fourreau et elle fauche les jambes de son supérieur. Sautant sur cet homme comme un fauve à la gorge d’une proie. La lame d’argent appuie sur la gorge de l’être divin. La voix de la demoiselle gronde.

- Alors comme ça on se permet de jouer à l’apprenti sorcier, on veut remplacer le créateur ?! Tu fais des expériences puis tu les largues sur Terre parce que tu en as peur ?! Je ne suis pas un pion !

L’homme la fixe durement, une lame se pose sur la gorge encore marquée des crocs de son amant. L’un des guerriers protège son maitre.

- Tu n’es pas un pion Alice, juste une expérience raté, un échec. Mais ton frère est une réussite. Comprends-tu ? On ne pouvait pas te laisser tout gâcher.

L’atmosphère devient vibrante, la colère de la déchue rend l’air électrique. Un filet de sang coule le long de la lame noire, la même chose se produit contre la gorge blanche de la Hunter.

- Tranchez moi la gorge si ça vous chante, je l’emmène avec moi en enfer !

Un détail la fait se tourner, le regard de sa cible, il le fixe. Alors seulement elle se rend compte des lames sous la gorge de Vlad. Instant d’inattention qui lui vaut d’être violemment projetée en arrière. Les deux hommes de main du bourreau la saisissent par les bras, l’immobilisant. L’archange se tourne vers les autres.

- Tenez-le fermement, qu’il ne rate rien de la déchéance de sa catin.

Elle gronde, il n’a pas à voir ça, quel intérêt ? Les vampires ne sont pas soumis aux lois divines. S’il n’avait pas décidé de les provoquer aucun doute qu’il aurait été écarté du triste spectacle. Les brutes l’ont fait tomber à genoux, le maintenant fermement avec la force donnée aux anges. Entre l’argent dans son sang et le soleil sur le point de se lever le noble vampire semble bien en difficulté. Alice baisse les yeux, que cela cesse, que tout ça se termine et qu’il soit libéré.

- Lâchez-moi, j’assumerais mes actes.

Hésitants ils relâchent la jeune femme qui écarte ses cheveux pour les passer devant une de ses épaules, lentement elle s’agenouille. Son tuteur s’approche, le visage torturé. Il pose sa main entre ses ailes, là où le sceau devrait être. Seul celui qui l’a fait peut le défaire, et il doit être levé pour que la sentence soit appliquée.

- Ta main tremble Raphaël… Cesse dont de t’en vouloir, je n’étais pas faite pour être ange, j’ai toujours voulu être une simple humaine, mortelle et libre.

- Pardonne-moi…

- Tu es pardonné depuis longtemps.

Et l’archange commence la levée du sort. Les dents serrés Alice fixe un point devant elle, immobile, silencieuse. Une larme de sang roule sur sa joue, laissant une trainée vive sur sa peau blanche. L’autre joue connait rapidement le même sort, puis ce sont au tour de ses lèvres, un filet de sang part de la commissure jusqu’au menton et va se perdre sur sa gorge. Pas de cris cette fois, juste sa mâchoire serrée à en faire mal, les jointures de ses mains blanchies tant ses poings sont crispés. Il lui semble que la douleur est moins intense que la première fois, peut-être parce que le sceau est déjà bien mis à mal par tout ce qu’elle lui a fait subir.

La main de l’archange s’éloigne. Et le calvaire commence. La base des ailes change de couleur, les plumes deviennent noires. La douleur arrache un gémissement à l’ange qui ploie. Ses mains atteignent le sol mais la noirceur se propage, comme si on versait de l’acide sur ses attributs angéliques, doucement, lentement pour faire durer le plaisir. Son front se pose sur le carrelage alors qu’un cri lui échappe, étouffé contre son bras. Il ne faut pas leur faire ce plaisir. Pas de suppliques, elle ne demandera pas pitié. Mais c’est si lent, si seulement elles pouvaient toutes noircir d’un coup… Ce serait trop facile. Ses dents de referment sur son bras pour retenir ses cris de douleur au mieux, sans grand succès. Au bout de longues minutes les ailes immaculés sont noires comme l’ébène, toujours soyeuses, douces, magnifiques. Etrangement elles lui vont mieux, assorties à sa chevelure.

Elle reprend son souffle tremblant puis se redresse à genoux. La voix de son bourreau retentis.

- C’est l’heure de la sentence a sonné Alice, toi qui a trahis les cieux.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Dim 29 Nov - 10:21





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« Je t’aimerai...ma Douce. Je t’aimerai jusqu’à ton dernier souffle. »

Sa voix vibre dans sa tête, plus doucereuse, plus menaçante. Les plumes sont tièdes sous ses doigts. Subtilement pulsatiles. Il sent le flot continu du sang s’étirer dans chaque tige. Elles sont comme les ramures majestueuses d’un grand arbre, chaque feuille tirant sa vitalité d’une unique courroie de sève, entrelacée de nerfs minuscules.

« Viendra la Nuit où je t’emmènerai. Je t’emmènerai dans mes Ténèbres, et tu pourriras lentement à mes côtés. Pour l’éternité. »

L’orage a laissé place au silence. Le silence, aux longues minutes d’attente. Il tente de bouger un bras, mais son corps ne lui obéit plus. D’ailleurs, il ne voit plus rien. Ou, presque. Une Ombre approche. Grande, immense et noire. Il n’a pas besoin d’en distinguer les traits pour la reconnaître. C’est lui. Ou plutôt, son autre lui-même, celui qui hante ses souvenirs anachroniques.
Dort-il – sa conscience oscille entre sommeil et éveil. Depuis une heure, depuis cinq minutes, depuis un siècle – ou est-il déjà mort. Ou l’autre l’a-t-il déjà prise...


« Qu’y a-t-il, mon Ange ? Tu n’es pas contente de me revoir ? »

Non. La brûlure est trop forte. Il s’approche encore, droit vers Alice. Se penche pour lui caresser le visage de ses mains couvertes de sang. Son sourire est le sien avec des airs de sadique, de dément. Vlad voudrait s’arrêter, mais son esprit est à présent à son autre. Dans son oeil, il voit l’Ange, et dans sa gorge goûte son sang. Ses mains attrapent le visage angélique.

La musique d’un craquement sec de nuque le réveille en sursaut.

Vlad a le nom d’Alice sur les lèvres quand sa main se referme sur un coin de drap, désespérément vide et froid. Dans le coin de son œil alarmé, du blanc, et du blanc encore lorsqu’il bondit, alors qu’il comprend, sur son poignard à quelques centimètres de ses doigts. La sole d’une botte intercepte sa main, le fait lâcher son arme. Une insulte jaillit, aussi vite et brève qu’un poing d’acier qui démet sa mâchoire, l’envoie rencontrer le mur avant que de puissantes mains gantées de métal ne l’empoignent, tordent ses bras à lui en faire mal. Le noble infant gronde, se cambre contre une épaule ferreuse qui le repousse en avant sans ménagement. Des genoux s’encastrent contre ses jambes et le forcent à avancer, il est emmené vers la porte d’où une lumière bleue, inquiétante filtre.
Le jour est levé.

Le vampire tente de lutter contre le cortège, mais en vain. Les deux colosses ailés qui le tiennent viennent vite à bout de ses rebuffades.
La voix d’Alice est comme un seau d’eau glacée. Il prend conscience enfin, d’où il est, de la lourdeur du jean moite et froid qui gaine ses jambes, de son torse nu et meurtri, de la morsure de l’argent dans son corps, sur sa langue. Et contre sa gorge aussi, lorsque deux fils aussi fins et aiguisés qu’un rayon de lune, probablement forgé par l’Architecte divin lui-même, s’y encochent.


« Alice... » Souffle le Sang-pur, en sentant les lames sectionner son derme.

La réponse ne se fait pas attendre. L’Ange est projetée à l’autre bout de la pièce, les deux guerriers rengainent, jettent leur prisonnier au sol. Vlad est immobilisé, un genou encastré dans sa colonne vertébrale. Des doigts bagués attrapent sa noble chevelure d’ébène et la tirent en arrière autant que sa nuque le permet
. « Regarde bien... » Lui glisse l’un de ses attenants en raffermissant sa prise sur sa crinière indisciplinée. Le vampire grogne. Il ne compte de toute façon pas perdre une miette de l’exécution.

Mais lorsque les plumes commencent à faner, que les cris étouffés tirent des sourires discrets aux guerriers angéliques, sa mâchoire se serre puissamment. Il tente de se débattre, ses muscles grincent entre les poignes de fer. Alice perd la moitié de sa blancheur. Alors il revoit l’arbre. Alors il entend les nerfs pleurer, les tiges rompre, la sève bouillir. À l’avènement, il ne lui vient même pas à l’esprit de trouver le fruit de ce calvaire beau.

Le silence retombe. Tous les yeux sont sur la Déchue tremblante. Tous, sauf un. Vlad fixe Raphaël. De sa vie, une telle rage ne l’avait habité. Ses lèvres tremblent sur ses crocs douloureux, frustrés de ne pouvoir arracher la gorge de celui qui s’éloigne, penaud.


« Misérable traître... » Siffle le Vampire. Un pied s’enfonce entre ses côtes avec une pugnacité presque joviale. Vlad ploie sur lui-même, le souffle court. Une bile orangée, de sang et de salive, tâche le carrelage, mais le rire méphitique et sans joie que lui arrache la sentence du bourreau fait lever un sourcil sceptique à son assemblée.

« Tout est de ta faute... » Son oeil larmoyant de haine se repose sur Raphaël. « C’est ta lâcheté qui l’a condamnée. Et tu le sais.

- Faites-le taire. »

Le bourreau, minéral et altier, n’a pas même le respect d’un regard pour celui qu’il enjoint au mutisme. Un troisième paladin veut s’approcher, enfoncer un linge dans la gorge du Sang-pur, mais à peine a-t-il dénudé sa main de son gant d’acier qu’une gueule pleine de crocs manque de se refermer sur son index.
Déjà pourtant, celui qui semble diriger les auspices se désintéressent du captif. Et Vlad de tirer un peu plus sur ses bras déjà malmenés, qui ne rêvent que d’emporter Alice loin de la lame qui va sceller son destin...



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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Dim 29 Nov - 13:51

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Alice tremble, la douleur s’estompe pourtant, mais le choc reste. La voix du vampire lui fait relever la tête, il semble furieux, pourquoi ? Les yeux améthyste se posent sur Raphaël, il semble tellement s’en vouloir.

- Raphaël, ce sont mes choix qui m’ont menés jusque-là. Ce n’est pas ta faute, je crois bien que je détestais ma nature angélique…

Elle se tourne à nouveau vers le vampire, un regard infiniment triste se pose sur lui.

- Ne lui faites pas de mal…

Ils l’ignorent, elle entend son bourreau dégainer la lourde épée divine qui bientôt abattra son jugement sur elle. Un sourire étire les traits de celle dont la vie va se terminer, un sourire pour cette personne qui regarde sa fin, impuissante, pour cette personne qu’elle veut voir vivre. Un adieu silencieux, qui contient tellement de choses qu’il faudrait trop de temps avec des mots. A cet instant elle ressemble tellement à sa mère, pas celle qui l’a mise au monde non, celle qui l’a élevé. Le même sourire étirait les traits de l’humaine quand sa vie s’était envolée.

Soudain le visage de l’ange se fige, la lame vient de s’abattre. L’archange est d’une précision à faire peur, l’aile se détache et tombe au sol, il a visé la soudure de l’attribut angélique au millimètre près frôlant la peau, ne tranchant que ce qu’il faut. Un hurlement atroce retentis, un cri de douleur tel qu’elle n’en a jamais entendu. Elle plaque ses mains sur ses oreilles, il faut que ça cesse, elle ne veut plus l’entendre. Quand ses poumons sont vides le cri cesse, alors elle comprend que c’était elle… La douleur est horrible, comme si on avait planté des lames dans son dos, enduites d’un poison qui se propage dans tout son corps. Si le dos est atrocement douloureux, le reste de son corps l’est aussi. De violents sanglots la secouent, le sang et les larmes se mêlent sur ses joues, s’écrasant sur le carrelage et ses genoux, impactant le tissu blanc de taches rougeâtres. Ses lèvres recrachent plus de sang qu’elles n’en ont jamais libérées. Combien de temps faut-il pour se vider de son sang de cette manière ?

Dans son dos le liquide si précieux pleure sur sa peau nue jusqu’au tissu qu’il imbibe généreusement. Le visage de la déchue est déformé par la douleur, la peur aussi, la peur qui se mue en terreur quand la lame se lève à nouveau. Il reste une aile…

Sa gorge lui fait mal quand la douleur lui arrache un nouveau cri. Les mains plaquées à nouveau inutilement sur ses oreilles, comme une enfant qui cherche à se protéger. La semelle du bourreau s’abat là où des ailes prenaient jadis naissance dans son dos. Un gémissement retentis alors qu’elle se retrouve face contre terre. La vue brouillée d’un voile rouge elle distingue Raphael qui s’avance.

- Ce n’était pas nécessaire ! C’est de la pure cruauté !

Il semble horrifié du geste de l’archange. Ce dernier rit.

- Tu vas t’opposer à moi ? Devant ces quatre anges qui m’ont juré allégeance ?

Il grimace. La déchue geint, incapable de bouger, ravagée par la douleur. Sa voix se fait entendre, faible, enrouée par le sang dans sa gorge, éraillée d’avoir trop crié aussi.

- Raphaël… Tue-moi… s’il te plait…

Alice le regarde, son expression traduit sa résolution. Elle veut juste que la douleur cesse, qu’importe comment. L’homme se penche et ramasse l’arme à la lame noire et s’avance, une larme roule sur sa joue. Elle ferme les yeux, comme apaisée quand il lève la lame de son maître.

- Si tu abrège ses souffrances Ezekiel subira le même sort. Ta parole contre la mienne ne vaut rien, j’ai des témoins, et il est mon expérience, sa vie m’appartient. Veux-tu perdre les deux ?

La mourante ouvre les yeux.

- Ordure… vous ne valez pas mieux que les démons qui grouillent en enfer…

Raphaël hésite et croise le regard résigné de celle qu’il a veillé depuis sa naissance.

- Protèges mon frère. Laisses moi. Je ne veux pas partir avec sa condamnation sur la conscience…

Le katana tombe au sol dans un fracas métallique. L’archange est emmené par deux des hommes en armure, les deux autres relâchent l’immortel et suivent. Le bourreau reste en dernier.

- Je te laisse ce corps que tu as souillé, tu devrais en être heureux vampire.

Et il disparait à son tour pour retourner dans sa demeure céleste.

Le silence retombe seul un petit bruit se fait entendre sur le carrelage. La déchue tend le bras vers son katana, tend les doigts vers ce qui pourrait la libérer. Mais il est trop loin et elle n’a déjà plus la force de se redresser pour aller le chercher. Abandonnant, ses paupières se ferment et elle attend. Son corps est si lourd, il lui semble que ses veines sont remplies de plomb.

Alors elle pense. Va-t-elle retrouver ses parents après ? Probablement pas, son ennemi peut être alors… Des regrets, en a-t-elle ? Tellement, elle regrette d’avoir effacé la mémoire de son disciple, mais au moins il ne la pleurera pas. Il n’y aura personne pour ça. Et Vlad ? C’est vrai qu’il est toujours dans la pièce… Sera-t-il triste ? « Rien… Il n’y aura rien à regretter » ses mots lui reviennent comme pour lui répondre. Oui, c’est mieux ainsi. Mais elle aurait voulu lui dire merci, il lui a appris tant de choses, l’amour notamment, le pardon aussi et la liberté. Ses pensées sont de plus en plus confuses, un vrai brouillon dont il est impossible de suivre le fil. Une seule chose la maintient éveillée, la douleur qui l’écrase au sol.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 30 Nov - 7:08





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C’est peine perdue.

Celui qui pouvait encore la sauver baisse les armes à son tour. Vlad grogne bassement. Il n’en attendait pas plus du lâche emplumé qui ne sait plus où mettre son regard. Il est sûrement tenté de croire aux paroles rassurantes d’Alice, mais le Vampire en est sûr, la poudre aux yeux s’estompera vite. Ils savent tous les deux qu’il y a longtemps, bien longtemps de cela, c’est lui qui aurait dû être déchu pour préserver les jumeaux de l’ennui macabre des Cieux. Il savait tout, a toujours su, et n’a rien fait. Et aujourd’hui encore, il tourne le dos à celui qui lui offrait son aide pour entraver les plans des bourreaux ailés. Vlad est amorphe entre les poignes des mastodontes en armure. Même son Ange, sa si forte et impétueuse Chasseresse, a renoncé à se battre.


« Tu me l’avais promis, pourtant… » Déplore-t-il à voix basse, le regard jeté au sol tandis que ses poings se desserrent, et que sa volonté le quitte.

À la supplique de la Déchue, les Archanges renforcent imperceptiblement leur prise sur le captif, maltraitant un peu plus ses muscles dans une posture improbable, mais le Vampire s’interdit de leur faire le plaisir de gémir. Il serre sa mâchoire sur un silence résolu, qui strie ses joues de rayons vindictes. Et en bonne audience, tourne lui aussi le regard vers la potence…

Le coup part sans plus d’avertissement. La précision de l’exécutant est chirurgicale, et son faciès si minéral que le Vampire frissonne devant une telle inhumanité. Ce n’est que lorsque le cri cesse qu’il se rend compte que le silence a été si douloureusement brisé. La vie semble soudain lui revenir. Il feule, comme un fauve en cage, grogne et crache contre ceux qui ont de plus en plus de mal à le tenir. Le bourreau l’ignore, relève la lame restée immaculée tant le coup a été rapide. Une vague de panique envahit le Sang-pur, comme si les émotions de l’ange étaient communicatives. Il sent qu’elle ne survivra pas à la perte de sa deuxième aile. Il voit la lame s’abattre, se débat encore, a la folle idée de se jeter entre Alice et l’arme, mais les hommes de main ailés le tiennent bien trop fermement.
La sentence s’achève en même temps qu’un autre cri, plus bref.

Vlad ne peut détacher son œil des moignons ensanglantés. Des questions morbides l’assaillent, sur la durée de nécrose de tels attributs, la saveur du sang après une déchéance, ou va-t-il pleuvoir aujourd’hui, tiens, les nuages semblent l’indiquer…

Un sifflement, comme une lointaine alarme, éprend le silence depuis plusieurs minutes. Ça couvre la voix de la Déchue qui plaide son ultime délivrance, celle du juge qui la lui refuse. La plainte du métal contre le sol résonne en échos lourds dans son crâne, comme des basses de musique sourde. Son sang lui bat aux tempes, et lorsque les anges le lâchent enfin, il s’effondre au sol, pris d’une nausée.

C’est le dernier occupant des lieux qui lui fait relever la tête. Le visage vipérin du bourreau se reflète dans l’iris du Vampire, qui le toise depuis son trône brisé.  


« Je vous vois… Tous. » Articule-t-il. Sa voix n’est plus qu’un grondement bouillant du fond de ses entrailles. « Je vous retrouverai, et vous mettrai à genoux devant sa tombe. Et vous mordrez la bière jusqu’à vous étouffer. Je vous le promets… »

Son œil les défie un à un, et son dernier regard va pour Raphaël, qui aux mains des siens ne peut lui retourner le même respect, avant que leurs silhouettes, blanches et altières, ne disparaissent dans le Néant.



Le grattement soyeux des ongles d’Alice contre le carrelage tire Vlad de son alitement. Roulant des muscles du dos, il s’approche de la mourante comme un lion de sa proie. Il la prend contre lui, avec toutes les précautions du monde, tel un jouet brisé que l’on craint de voir tomber en morceau.

Le dernier Sang lui tâche le torse, en ramifications infinies s’épanchant sur les reliefs de ses abdominaux, jusqu’au liseré de sa ceinture dont le cuir boit le nectar. Les mains du vampire tremblent sur les bras de la Déchue. Il commande à son essence de s’arrêter, maintes fois, de rester dans ce corps qui se meure, mais ses ordres ne sont pas écoutés. Son pouvoir blêmit dans l’argent, annihilé, et le flot ne s’enlise pas. L’hémoglobine a la texture de la douleur, l’odeur de la mort en marche.

Un hurlement déchirant s’arrache soudain à sa gorge, faisant trembler le meuble contre lequel son crâne s'écrase, et délogeant quelques merles venus s’abriter des éléments sous la toiture de la fenêtre. Une promesse, une déclaration de guerre. Il est presque sûr d’entendre les Cieux rire de sa détresse lorsque l’air vient à manquer, et que sa plainte ne se confond plus qu’en sanglots rageurs. D’un rouge profond, presque noir, une longue et fine traînée s’étire sur sa joue. L’Infant en récupère le fruit sur le bout de la langue empêchant son essence de se joindre au carnage. Il se prive de la vue, rougie par le filtre des larmes. Ses mains quittent alors les bras de la Déchue, et viennent cajoler sa nuque. C’est presque ironique que sa vie ne tienne qu’à un si fin fil : un os délicatement crénelé, à peine recouvert de chair, si fragile et vulnérable sous la pulpe de ce pouce qui le caresse longuement.

Comme étranger à son propre corps, le Vampire fait rouler la tête de l’Ange entre ses mains. Ce geste, il le connaît trop bien, et la funeste conséquence qui s’ensuit. C’était si facile, la première fois. C’était si facile, pour lui, de le refaire en rêve. Ça serait tellement plus simple d’abandonner ses émotions, de lui abandonner les rênes. Lui l’aurait déjà fait. Sans scrupules, ni regrets. Un coup sec. Une mort propre. Un millier de douleurs qui s’achèvent.
Vlad pose une main à plat sur le flanc du visage de l’Ange, l’autre l’attrape sous le menton. Il a arrêté de trembler, et le regard plein de larmes qu’il porte au vide est aussi pétri de résignation. Contre son petit doigt, il sent la vie qui s’évapore, la jeune fille qui s’endort, comme reconnaissante de voir sa libération enfin arriver.

Mais il ne peut s’y résoudre.


« Pardonne-moi, mon Ange… » Souffle-t-il à son âme.

Prêtes à tuer une seconde avant, ses mains relâchent leur carcan et glissent sous les bras et jambes de la mourante. Vlad se lève dans le même temps, emporte contre lui le corps dont il ne peut s’empêcher de noter la différence de poids, entre la veille au soir où trônaient encore entre ses épaules les instruments de son Malheur. Il porte Alice à son lit nuptial, confiné dans l’obscurité rassurante de la chambre. Il doit agir vite. Son derme est déjà effroyablement froid, et son teint n’a presque plus de couleurs. Le Vampire porte à ses lèvres son propre poignet, et y enfonce ses canines jusqu’à faire jaillir à son palais une source rouge et abondante de vie. Il s’abreuve de sa propre liqueur jusqu’à ce qu’elle emplisse tous ses sens, puis ploie sur ses lèvres mourantes pour la forcer dans l’organisme qui s’éteint. Par ce bouche-à-bouche sanguinolent, il se sent soudain faible. Égoïste, incapable de la laisser partir même quand elle le supplie de le faire. Peu importe qu’elle souffre, qu’elle le haïsse, qu’elle se haïsse… Lui la veut vivante, c’est tout ce qui compte. Il est aussi lâche que Raphaël, au fond.

Un ultime baiser termine de redonner un peu de chaleur à la Déchue, dont la respiration se fait plus régulière. Le sang, pur et puissant, la régénère doucement. La maintient en vie, plutôt, comme une machine branchée sur une comateuse. Vlad appelle plusieurs fois son nom, essaie de se persuader que le rythme de son cœur ne décélère pas.
« Réveille-toi ! » Finit-il par hurler en la giflant violemment, à court d’autres arguments pour rappeler la vie en elle.
Résolument aveugle à l’évidence.

Un petit remous près de ses pieds le fait soudain sursauter. Du coin de l’œil, le Sang-pur perçoit la créature approcher, la laisse gravir les quelques centimètres qui la séparent du bras froid de sa maîtresse, où elle pose une tête écailleuse et terriblement triste.


« Natsu… »

Morigène-t-il machinalement, sans vraiment vouloir attirer l’attention du dragon. Ce dernier relève les yeux vers lui. Au fond de ses prunelles reptiliennes, il n’y a même plus de place pour la rancœur. Le dragon le fixe simplement, l’œil intelligent. Il attend.

Vlad n’a pour ce questionnement silencieux qu’un sourire triste.


« Oui… ta maîtresse va mourir. » Répond-t-il. Il s’allonge près de son Ange. D’un geste distrait, lui détache le col de sa robe, tellement souillée que l’on ne devine plus sa blancheur d’origine.

« Tu vas mourir... » Murmure-t-il à l’adresse d’Alice en caressant doucement l'opalescence de son visage. « Alice, tu vas mourir… » Sa tessiture est aussi discrète que le vent dans les cheveux. De la langue, il trace un sillon brûlant le long de la gorge à peine palpitante. Ah, qu’elle était délicieuse cette enfant… quelle triste perte ce sera… « Je vais te tuer, Alice… » Promet-il plus doucement encore, mais il ne sait si elle l’entend.

Retenant son souffle, Vlad plonge une dernière fois ses crocs dans la chair angélique. Il n’a pas eu besoin d’apprendre à le faire. C’est naturel, et instinctif. D’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours su où mordre pour percevoir la sève sans prendre la vie. Comment mordre pour combler sa proie de plaisir. Et surtout, quel mécanisme oublier de déclencher pour ne pas capturer l’âme, et la rendre esclave du joug de la nuit. Ce venin qu’il a en lui comme l’ont ceux de son hérédité, le Don Noir, qui leur vient des Originels eux-mêmes. Ce pouvoir qui fascine et terrifie à la fois, qui fait d’eux les généraux de leur race, les garants de leur pérennité. Il n’a qu’une pensée à avoir, une volonté à formuler, pour induire ses crocs de cette substance, pour la diffuser dans sa morsure.

Déjà, il sent le corps se contracter à la salive intrusive, lutter, peut-être contre un changement de destin effrayant, imprévu. Sous le regard attentif de Natsu, le Sang-pur épuise le seul et dernier recours à la survie de son Adorée.

Il se redresse lentement, refusant la liberté que ses bras semblent réclamer, et observe à son tour la jeune fille d’un mélange d’angoisse et de curiosité. D’aucun l’aurait bien gardé de vouloir prolonger sa vie de telle manière, car le Don Noir ne doit s'offrir qu’à des volontaires, des consentants, qui signent d’un aveu amoureux leur promesse d’éternité.
Mais Alice n’a rien signé. Qui plus est, son corps n'est pas celui, faible et facile à corrompre, d'une humaine, fût-il récemment déchu. Sa condition rend sa survie incertaine à telle déraison…


« Non… » Natsu sursaute soudain au grognement rauque du vampire. Les traits de ce dernier se referment, déterminés. Il n’y a pas de place à laisser au doute. Elle survivra, car il veut qu'elle survive. Et Vlad Chinokami obtient toujours ce qu’il désire.



C’est étonnamment calme. Quelques étages plus bas, la vie suit son cours. Le clocher sonne la messe, comme tous les matins à huit heures. Des psaumes retentissent jusqu’aux voûtes gothiques de la vieille église, une roue percute le pavé inégal de la rue. Des rires d’enfants lui parviennent, une voix de femme. Le chant des merles et même, au loin, il croit entendre la sirène si caractéristique de la Vierge, profonde et majestueuse, sonner trois fois selon la tradition ancestrale des voiliers pirates.
Dans ses bras, un cœur s’est arrêté de battre. Le souffle est devenu froid. Sous le regard confiant du vampire, une vie s’achève, pour renaître Autre. Meilleure, peut-être. Il sent déjà sa force vitale affluer en elle, et la Déchue de subir les balbutiements de la transformation. Son venin fait effet. À son tour de jouer, à son tour de survivre à l’ultime épreuve de sa résurrection.




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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mar 1 Déc - 19:49

Enterrer la hache de guerre

Le carrelage froid s’éloigne, malgré la douleur qui la paralyse elle se sent mieux. Ainsi elle a droit à une dernière étreinte. Un cri rompt le silence, suivi de sanglots, elle s’étonne qu’il la pleure ainsi, il tenait donc vraiment à elle… Elle veut ouvrir les yeux, tendre le bras et essuyer ses larmes, mais elle n’en a pas la force. Le silence retombe, plus tard il lui semble entendre des excuses lointaines. Un liquide coule dans sa gorge, elle manque de s’étouffer, du sang ? Habituellement il s’écoule dans l’autre sens… Un claquement retentis, sa joue brûle, le cri de Vlad lui semble si loin. Elle aimerait pouvoir obéir, rouvrir les yeux, mais déjà les sons de plus en plus étouffés disparaissent. Il ne reste que les ténèbres et la douleur pour seule compagne. C’est bientôt fini, elle tente de s’en convaincre. C’est comme s’endormir quand on oublie la douleur… Tiens, son cœur s’est arrêté… Sa conscience s’envole.

A nouveau elle reprend conscience sans comprendre pourquoi. Toujours incapable de bouger, toujours plongée dans les ténèbres épaisses. Combien de temps depuis sa perte de conscience ? Elle n’en a aucune idée. Une douleur étrange lui serre la poitrine, son cœur, comment peut-il la faire souffrir alors qu’il s’est arrêté ? Ce dernier se contracte et se remet à battre puissamment, ce cœur qui est né immortel et qui l’est à nouveau. Une autre chose semble s’éveiller, sa gorge. Sèche, comme un désert, de plus en plus, des charbons ardents dans sa gorge. Sa conscience n’est-elle revenue que pour lui faire encore ressentir la douleur ?

Tiens, elle peut bouger ses doigts, une tête écailleuse s’y frotte, Natsu. Le dragonnet la veille depuis tout ce temps. L’odorat lui revient aussi, jamais autant d’odeurs ne se sont mêlés, c’en est presque douloureux. Un battement régulier attise le feu dans sa gorge. Sa main vient se poser sur son cou qui lui fait si mal, se recroquevillant elle gémis. Elle ne peut même pas prononcer un mot.

Enfin ses yeux s’ouvrent à nouveau, rouges comme le sang fraichement versé. Elle se tourne vers une odeur alléchante. Cet homme à côté d’elle, elle le veut, tellement que c’en est douloureux. Doucement elle se glisse contre lui, puis sur lui. Une de ses jambes va se placer de l’autre côté des hanches de sa proie. Son visage vient se cacher dans son cou, elle inspire son parfum comme pour profiter de la torture. Sa langue glisse sur sa peau comme pour se donner un avant-goût. Oui, il va apaiser le brasier qui la consume. Doucement ses crocs s’enfoncent dans cette gorge, le sang arrive sur sa langue, glisse dans sa gorge. Un frisson la parcours, si bon, si puissant. Un soupir de satisfaction lui échappe. Un moment elle se laisse aller, oubliant tout, perdant pieds. Puis doucement ses crocs relâchent leur emprise, sa langue cueille les dernières gouttes qui s’écoulent de la plaie.

Lentement la jeune vampire se redresse, les yeux mi-clos. Et elle le regarde, cet homme dont elle vient de voler du sang. Soudain tout lui revient en mémoire, les anges, les ailes, la douleur… Un tremblement la secoue doucement. Puis un détail attire son regard, une trainée sombre sur la joue de son amant. Les sanglots lui reviennent en tête.

- Tu m’as pleuré… Pourquoi ?

Depuis quand est-il attaché à elle à ce point ? Pourquoi ne pas l’avoir laissé mourir ? Pourquoi l’avoir transformé ? Ses yeux rouges s’arrondissent alors qu’elle réalise, passant la langue sur ses crocs, s’y entaillant au passage. Ses instincts ont parlés pour elle, maintenant la déchue réalise. Elle est ce qu’elle a toujours chassé. Elle se redresse un peu, ne prêtant pas attention au fait qu’elle est assise à califourchon sur lui.

- Pourquoi avoir pris la peine de me… sauver ?

Car au fond c’est à ça que ça ressemble, il lui a offert une renaissance alors qu’elle était aux portes de la mort. Du pouce elle efface un peu le sang sur la joue du sang pur. Le petit dragon semble mécontent de ce manque d’attention et tire sur un des côtés du lien qui retenait la robe, le récupérant Alice la noue à nouveau. Caressant les écailles râpeuses de son cher familier.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mer 2 Déc - 11:18





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« Ça me convient…. Rendez-vous à l’endroit indiqué…Oui..…. Dans trois jours…. Oui, je les aurai… À bientôt… »

L’appareil crachote un peu en raccrochant, puis redevient silencieux. La poigne qui le tient l’écrase complètement, et le jette furtivement dans une benne à ordure, avant que la silhouette encapuchonnée ne disparaisse au coin de la rue…


Vlad raccroche à son tour, et efface le numéro du téléphone de la chasseuse, puis revient dans l’alcôve dormante de la chambrée.
Lors d’une mise à mort, ou d’une torture, on imagine très bien la douleur des sévices. On imagine beaucoup moins ce que c’est que de devoir les attendre. L’attente est comme le temps. On n’y prête attention que lorsque ses effets en deviennent insupportables. Et l’attente étouffe maintenant Vlad dans un carcan d’incertitudes. L’Ange n’a pas bougé un cil depuis des heures. Souffre-t-elle intérieurement, comment ‘vit’-elle la mort ? Doit-il déjà lui donner du sang ? Qu’est-ce qu’il lui a pris…

Le vampire s’est levé pour ne pas devenir fou dans ses questionnements incessants. Après avoir sagement étendu le corps entre ses draps blancs, il va pour sortir de la pièce quand son pied bute contre un objet au sol. Il se baisse pour le ramasser, trouvant le coffret destiné à l’attention d’un éveil que l’ange n’avait probablement pas prévu. Ses mots le font tristement sourire, mais l’attention le touche, et déposant l’objet sur la table de chevet, il jette un dernier regard à la jeune fille avant de quitter enfin la pièce.

De retour sur la scène du crime, son regard rougeoyant va d’abord aux esquifs de plumes, misérablement abandonnées comme les restes d’une rixe trop encombrants à transporter. Au sol, un scintillement attire son attention. C’est rond et doré. Un insigne militaire, semble-t-il. Quelque chose d’angélique, qu’il n’arrive pas à nommer. Il le garde néanmoins dans la poche arrière de son jean, et rejoint l’une des ailes tristement hachées sur le sol. La bouche de la plaie est nette, presque surnaturelle, et exhale un épouvantable parfum de mort. Vlad arrache une plume aussi noire que l’ébène, joue avec entre ses doigts tandis qu’il revient vers la chambre, et l’insère avec les autres dans le petit coffret.
Le dragonnet ne l’a pas quitté de ses yeux vipérins, défiant. Il garde sa maîtresse courageusement, et le vampire d’en avoir un rictus un peu ironique.


« Tu m’appelles si elle bouge, d’accord ? » Lui intime-t-il, sans recevoir d’autre réponse qu’une indifférence polie.
Il s’éclipse néanmoins dans la salle de bain.

Après quelques heures, l’eau noire de crasse danse en remous agités quand son corps délassé la quitte pour le confort frais d’une serviette. Il déniche dans la machine à laver, parmi dessous en dentelles et uniforme de guilde, ses affaires dont la Chasseuse avait apparemment gentiment disposée. Il se rhabille de ses vêtements propres, et retourne auprès de la belle au bois mourant, qui malgré les heures, malgré l’appel de son prince, n’a toujours pas ouvert l’œil.

Le soir tombe vite en ses froides journées.
Le vampire s’est assoupi, à l’instar du dragon, bercé par la mélodie paresseuse de ses mèches égrenant en coulée régulière le shampooing mal séché sur le cuir de son blouson. La luminosité a déjà bien baissée lorsqu’il sent contre son flanc, le petit corps douloureux de l’ange s’agiter. Le vampire s’accoude à l’oreiller, observe la jeune fille prendre possession de lui, comme hypnotisée. A son attitude, il sait qu’elle n’est pas consciente de ce qu’elle fait, pas totalement.

Vlad se tend à l’injonction de la langue humide et douce qui étire son désir contre sa gorge. Il détourne le regard pour lui faciliter l’accès à ce qu’elle convoite. Il sait l’envie qu’elle ressent, le besoin plutôt, d’apaiser l’incendie qui lui ravage la gorge, et sourit tendrement en la sentant impatiente de réclamer ce que l’arrogance de sa nouvelle nature a déjà établi comme sienne.
La morsure le surprend un peu, lui soutire même un gémissement. Lentement, il sent son essence épaisse et pure, à la saveur extravagante de l’or liquide, affluer d’un corps à l’autre, le faisant frémir d’un plaisir inédit. Ses mains saisissent le petit dos nu, presse ses formes contre lui dans un désir réciproque de possession. Ses paumes calleuses s’arriment aux plaies qui se rétractent grâce au puissant breuvage qu’elle dérobe, cicatrisent déjà. La nouvelle-née pose ses premières marques dans le monde qui est désormais le sien.


Le Sang-pur se redresse à son tour, sur ses coudes pour ne pas déloger la jeune fille de son assise. Son regard est encore un peu fiévreux, fatigué peut-être d’avoir conféré le Don Noir, mais observe avec une satisfaction non feinte son engeance. Le sang de son Sang. Délicatement, il étend son bras pour venir caresser la lèvre de l’éveillée, écarter doucement les muqueuses et tâtonner sur l’une de ses deux canines fraîchement acquises. Il poursuit sa course le long de sa pommette, tombe dans le creux de son cou. Le vampire apprécie distraitement la rondeur pointue de l’épaule, la tension dure de la clavicule, le confort moelleux de son buste. Il caresse du regard un sein glacé, le sculpte d’un effleurement, son corps est parfait. Il relève ensuite un œil charmé, affamé vers elle, et la devine perdue, assaillie peut-être, de tous ce que ses nouveaux sens captent. Les bruits incessants du dehors, les voix trop fortes des enfants qui jouent sur le pavé, les piaillements d’un chiot trois étages plus bas, le ronflement sourd de la tuyauterie. Et les odeurs, la ville en cette heure de dîner exhale mille parfums qui se précipitent, imprécis, aux odorats des prédateurs, les cheminées vomissent des relents noirs et gras de suie calcinée, de pain chaud et de déchets brûlés. La dernière pluie a réveillé à la surface les relents épouvantables des égouts, et trône, encore bien trop présente dans l’appartement, la saveur rance et âpre du sang séché moisissant sur le sol du salon. Enfin, ses émotions doivent être à fleur de peau. L’incompréhension se meut en délire, la peur en terreur, la joie en extase. Et la colère fait des ravages dans les rangs des plus jeunes et incontrôlables, au moins n’a-t-elle pas perdu ses souvenirs comme il sait la chose possible, de récits d’autres.

Vlad se redresse vivement, saisit entre ses bras l’Impie, et lui enfouit le visage contre sa gorge, proche de sa morsure presque déjà plus qu’un souvenir. Il veut la sentir contre lui,
à lui, son Ange, son Adorée.

Un souffle chaud s’écrase contre le cou de la Belle : « Je te l’ai dit, non ? Qu’il n’y aurait rien à regretter. »

Mais le mal est déjà fait… se retient d’ajouter le Sang-pur. Son regard dévie vers le gris terne du ciel qui signe la fin de journée. Ces deux Archanges, ces guerriers ailés, pouvaient savourer le peu de temps qu’il leur restait.
C’est le grelottement indigné du dragon, et le bruissement de la robe, qui le tire de ses fabulations belliqueuses. Vlad capture le poignet de la vampiresse, avorte son geste avant qu’il ne termine de nouer le vêtement en hochant la tête, et fait lentement glisser l’étoffe le long de ses formes douces et blanches.


« Non, je ne veux plus te voir porter ce truc. » La rancœur durcit peut-être plus que voulu son timbre rauque. Le lit crisse un peu tandis que vampire la renverse sur le dos, pour la chevaucher à son tour, indifférent au hululement indigné du petit dragon que la soudainement de l’action a jeté au bas du lit.
L’homme aide la jeune fille à se débarrasser des haillons sanguinolents de son pieux vêtement, les prend, puis s’asseoit au bord du lit.


« Je vais aller la jeter, maugrée-t-il en froissant l’odieuse camisole dans ses mains, mais reste encore un instant.

« Je crois que si ton état m’avait laissé le temps de réfléchir, je ne l’aurais pas fait. » Un bref rire. « Comme quoi, même les meilleurs peuvent parfois frôler la bêtise. » Puis il  se lève, et se détourne vers la porte.  



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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Jeu 3 Déc - 11:28

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L’étreinte qui lui accorde est rassurante. Il l’a observé l’air satisfait, comme si la nouvelle née était une œuvre dont il est l’artiste. Encore tremblante elle soupire d’aise dans ces bras qui l’entourent comme un cocon protecteur. Ses mots tournent dans sa tête, cherchant une logique qui ne vient pas.

Le ton qu’il emploie la surprend mais elle le laisse s’emparer de la robe souillée, l’odeur du sang séché qu’elle véhicule est désagréable. Trop de souvenirs. Mais le voir s’éloigner fait remonter une boule d’angoisse dans sa gorge. Il ne doit pas partir, elle ne veut pas être seule, pas encore. Ses pieds retrouvent le sol, se précipitent, ses doigts se refermant sur sa manche.

- Ne me laisse pas !

Elle se fige, réalisant l’aspect ridicule de son angoisse, et le relâche, se tournant vers le salon. Du sang au sol, les grandes ailes noires jetées comme des déchets inutiles, et l’odeur de mort qui plane. Les souvenirs reviennent en force, la scène tourne et retourne dans sa tête. Sa main se plaque sur sa bouche quand elle se détourne prise de nausée.

- Excuse-moi…

Lentement la déchue se dirige vers la salle de bain, elle ne ferme pas la porte, toujours entrouverte pour que Natsu circule, la présence du vampire ne change rien. La baignoire se remplis et Alice se glisse dans l’eau chaude avec délice. Assise, les jambes repliées, bras croisés sur les genoux et le front dessus elle réfléchit. Son reflet à quelques centimètres de son visage lui renvoie la couleur sanglante de ses yeux. Dans son dos le sang séché se dilue en volutes rouges, laissant voir les cicatrices à peines plus claires que son derme.

Que va-t-il se passer maintenant ? Vlad restera-t-il ? Probablement qu’il a hâte de retourner à bord de la Vierge au service de Sansa… Quant à la guilde… Ils comprendront sûrement qu’elle les a trahis, nul doute que leur accueil sera glacial. Si elle n’a pas le droit à une balle en pleine tête dès son arrivé… Petit à petit ses pensées dérives, la guilde n’est probablement plus une alliée, par extension Léo non plus, les vampires non plus, quant aux anges… Elle repense à l’archange, son bourreau, sa cruauté, la douleur qu’il lui a infligé, son chantage odieux. C’est un monstre, elle le déteste. Il mérite de souffrir, autant qu’elle, autant que Raphaël et Ezekiel seul là-haut. La jeune vampire se voit déjà lui arracher ses attributs plumes par plumes.

A mesure que sa colère monte il lui semble que la température du bain augmente. Soudain elle bondit sur ses pieds, lâchant un bref cri. Elle s’est brûlée. En vitesse elle ouvre l’eau froide. La vapeur cesse de monter. Se réinstallant dans l’eau elle soupire, nettoie son visage de ses traces de sang.

- Vlad… Tu penses que j’ai toujours mes pouvoirs ?

Peut-elle encore altérer la mémoire ? Il devrait savoir lui, et elle sait qu’il l’entend. C’est étrange de ne rien connaitre de soi, de ses capacités, alors que la veille on en connaissait les moindres secrets. Dans la salle de bain les odeurs se mêlent en savons, shampoings, et autres odeurs fruités et fleuries. Bien plus agréable que ce qui embaume le salon. Sa vue discerne les moindres détails, comme si on avait enlevé un filtre sur ses yeux. Les sons aussi sont plus clairs, plus limpides et bien plus nombreux. Comme une enfant elle redécouvre le monde, observant autour d’elle émerveillée et angoissée à la fois.
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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Lun 7 Déc - 8:38





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Vlad se fige en sentant la légère pression sur son blouson. Il hésite un instant, entre rasséréner cet affront, ou rassurer la jeune fille. Partir, il lui faudra bien pourtant. Et dans trop peu de temps pour ce qu’aurait dû réclamer l’éducation d’une nouvelle engeance. C’est peut-être un peu hypocrite de sa part, après tout. Il s’est morfondu sur l’abandon retord qu’avait eu à subir le jeune nouveau-né Samuel Altair, a maudit la femme qui l’avait si légèrement ployé à son nouveau sort. Et voilà qu’il s’apprête à quitter celle qu’il a relevé des morts pour son seul caprice, à vendre peu cher ses restes pour un conflit dont il connaît déjà l’issue.

Plus qu’une simple offense, c’est un sursaut de survie qui le retient entre ces petits doigts serrés. Devant son manque de réaction, la jeune Impie le lâche rapidement. Le salon est dans un état déplorable. À l’image du sang gâté, c’est le vice et l’injustice qu’il exhale, et colle une nausée for compréhensible à l’infante dont son créateur ne s’émeut pas. Le vampire jette la robe maculée sur les monceaux de plumes noires. Il déniche à la cuisine un grand sac poubelle opaque dans lequel il fourre le tout, et le referme hermétiquement pour le plus grand plaisir des odorats des deux infants.

Les brûler. Tout brûler. Porter au Paradis l’Enfer des flammes, voir les ailes maculées de haine se calciner, rougir de douleur, gonfler et exploser de sang bouilli. Le Sang-pur a des rêves de guerre dans l’esprit, et une légère pulsation, comme un cœur qui se remet soudain à battre, lui arrache une douleur dans son œil mort. La surprise est telle qu’il doit s’asseoir une seconde. Il porte sa paume fraîche à sa cicatrice, la sent chaude, bouillante même, sans comprendre ce qui lui arrive. La déchirure le lance comme le jour où il l’a reçue. Ses doigts tâtonnent à travers la paupière pour y rechercher le battement, une once de mouvement, un apaisement à l’inextinguible picotement qui la ravage.

Le cri provenant de la salle de bain le surprend. Replaçant ses cheveux devant la moitié balafrée de son visage, le Sang-pur s’y dirige, laissant de côté un peu l’étrange phénomène, et entre sans s’annoncer pour trouver une Alice pétrifiée sur place dans un bain bouillonnant de vapeur. La pièce plongée de la brume brûlante tamise un peu sa vue. Il pose un genou près de la baignoire pour plonger les doigts dans l’eau, et constater leur surnaturelle chaleur, mais c’est un regard soulagé qu’il pose sur la jeune fille. Il hausse les épaules, continuant songeusement à remuer l’eau moussant sous le jet froid.

« Aucune idée… je ne sais pas si la perte des ailes a pu avoir cet effet-là. Tu es sûre que tu n’as pas simplement mis l’eau trop chaude ? Ta perception des températures n’est plus la même… maintenant. »

Le vampire glisse jusqu’à elle, accoudé au bord de faïence, et sourit un peu de la voir tour à tour s’émerveiller, s’inquiéter, de tout ce qu’elle perçoit. Il se penche un peu pour ramasser le savon écumant dans le fond de l’eau, puis entreprend de le passer dans le dos de la jeune fille. Ses mains savonneuses s’appliquent dans le creux de ses épaules, pour se joindre en prière au niveau de sa nuque. Il fronce les sourcils au contact de cet os que, quelques heures plus tôt, il manquait de briser. Ça lui semble loin. La Vierge, la prison de verre, l’interrogatoire, la traque, tout cela lui semble très loin. Des siècles se sont écoulés entre l’avant-veille, où ses crocs se faisaient fureur contre celle qu’aujourd’hui, ses mains dévoraient de douceur. Son corps lui chante des refrains de femme amoureuse et famélique sensualité.

La douchette est attrapée et rince longuement la gorge et le dos de la jeune engeance, puis retrouve son socle dans un cognement solennel.


« Je vais partir. »

La vapeur fait un peu résonner sa voix dans la petite salle d’eau.

« Ce soir… »

Ajoute-t-il plus doucement. Ses bras de part et d’autre de la chasseuse évitent de la toucher quand le bout de ses doigts trempant dans la baignoire pleine de sang se porte à ses lèvres pour y déposer l’âcreté diluée d’une goutte.

« J’espère pouvoir te revoir… »




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Alice Eden

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MessageSujet: Re: [Hentai] Enterrer la hache de guerre   Mar 12 Jan - 11:56

Enterrer la hache de guerre

Le sang pur entre alerté par le cri. Consciencieux il vérifie la température du bain, l’infante le fixe comme s’il venait de dire la pire absurdité. Evidemment qu’elle est sûre, de tout temps elle a pris des douches presque brulantes et le robinet est toujours réglé de la même façon. Or en plongeant dans le bain l’eau était normale. Mais elle ne répond pas, n’étant pas certaine de ce qu’il s’est passé. Fermant les yeux en soupirant d’aise lorsque les grandes mains de son amant passent sur son dos. Elle se tend néanmoins quand il passe sur les cicatrices fraiches, craignant de ressentir à nouveau la même douleur que la veille. Mais le soulagement lui arrache un soupir, ce corps se régénère si vite.

C’est étrange de songer qu’il a été, jusqu’à quelques heures à peine, son pire ennemi depuis longtemps. Sa traque était une véritable obsession parfois, alors qu’à présent elle ne voulait que ses bras. Elle ferme les yeux, rêvant de se blottir contre lui, entourée comme dans un cocon protecteur. Contre cet être dont les caresses l’apaisent alors que son esprit frôle la folie à force de réflexion. L’eau qui rince doucement son corps lui arrache un frisson.
Aux mots de Vlad elle se fige, et se tourne vers lui, la suite la glace. Sans réfléchir elle attrape son bras, comme une noyée sa bouée.

- Ne me laisses pas seule ! Je t’en prie !

L’angoisse lui tord l’estomac. Cette vie nouvelle est assez perturbante, avant que l’ange ne meure elle avait assez d’ennuis pour n’être en sécurité nulle part. Et sa nouvelle nature ne va rien arranger. Si les anges apprenaient qu’elle est toujours de ce monde ils viendraient finir le travail. Les Hunters comprendraient en la voyant vampire qu’elle les a trahis, et sa tête serait mise à prix. Même à froid elle peut déjà faire une liste de ceux qui sauteraient sur l’occasion de faire rouler sa tête par terre. Sans oublier les vampires, elle est des leurs mais les a tant chassés qu’elle n’aura probablement jamais sa place parmi eux. S’il part elle sera seule, sans allié, sans personne, comme avant. Et elle craint de revivre ça au point de s’en rendre malade.

La jeune femme tremble, en proie à ses angoisses, accrochée à lui comme s’il allait s’envoler. A nouveau la vapeur commence à monter du bain, la température monte à mesure qu’elle perd son sang-froid. Elle se redresse et l’enlace comme pour le retenir, sa peau rougis dans l’eau brûlante mais elle l’ignore. Maintenant que son visage est enfoui dans le cou de cet homme la brûlure dans sa gorge est bien pire. Elle a soif, pourtant il l’a laissé boire son sang il y a peu, mais elle en veut plus. Sa langue glisse sur la peau du sang pur comme une douloureuse mise en bouche. Il va peut-être se fâcher, mais son esprit est trop perturbé par ses instincts pour s’en soucier. Ses crocs viennent s’enfoncer dans la base du cou, doucement mais fermement. Un gémissement lui échappe quand elle goûte à la précieuse essence. Ses tremblements ne cessent pourtant pas. Pas plus que les larmes qui viennent de lui échapper. Elle est perdue et il lui semble qu’en le laissant partir elle perdra son seul point d’encrage.
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